Entrez chez une famille paysanne landaise du 18ème siècle !

Vincent Fargues et Philippe Mora

Voici un bel article pour fêter les 1 an de ce blog !!

Chercher des informations sur nos ancêtres landais, c’est aussi aller aux archives départementales de Gironde ! C’est ce qu’a fait Vincent qui se renseigne globalement sur les Bégaarois et qui a trouvé dans des archives judiciaires, un dossier au sujet de l’un d’entre eux, un laboureur, qui demandait de pouvoir utiliser du bois supplémentaire pour la rénovation de sa maison.

Un plan se glisse parmi les nombreux feuillets. La particularité ? C’est qu’il date de 17791, ce qui est rare !

Référence aux AD33 : 20 B 10953

Les connaisseurs reconnaitront l’architecture assez classique d’une maison paysanne landaise. Le « mangepain » est la salle commune, plus qu’une simple salle à manger d’aujourd’hui. Nous découvrons aussi un nombre relativement important de chambres : comment étaient réparties les personnes du foyer ?

Autre élément typique, le « restaulere », plus souvent rencontré sous la forme de « ristoun », qui est une petite ouverture qui permet de nourrir les bœufs.

Une question reste cependant quant à une sorte de second plan constitué de pans de bois au-dessus du plan. Nous avons demandé à Christine Mora2 : « Oui on dirait qu’il y a 2 plans, mais cela ne correspondrait pas à une maison landaise, il y a trop de bois pour être une façade et l’arrière n’était pas fait de cette façon mais plutôt en « queue de palombe » ou bien pour aller au grenier. »

Pourtant, c’est bien une maison de Bégaar en 1779 ! Peut-être que quelqu’un a la réponse ? Si c’est le cas, nous ajouterons bien entendu cette information. En attendant, si l’architecture paysanne landaise vous intéresse, vous pouvez notamment visiter l’écomusée de Marquèze (à partir d’avril) !

Nous reviendrons dans une prochaine publication, avec plus d’informations sur cette maison, son histoire, son lieu.

Notes :

  1. Le plan est dans une liasse datée entre 1777-1779 et par différents recoupements, il serait a priori plutôt de 1779. ↩︎
  2. Co-auteure, avec sa soeur, de « Les statuts de Saint-Paul en 1744 » et qui fait partie de l’équipe de la radio de Cap a Cap. ↩︎

Commentaires de lecteurs :

Hervé Barrouquère : « Concernant le questionnement sur la forme de la maison, on sait depuis l’étude de la maison Malichecq de l’airial de Guiraute à Sabres que le bâti a évolué dans le temps. L’arrière en queue de palombe n’a aucune raison d’être une réalité architecturale intemporelle. Une maison de laboureur du XIXe siècle avec sa forme caractéristique est déjà une évolution d’un état antérieur. Et il est évident que l’évolution sociale post-revolutionnaire a nécessité de singulariser le bâti des nouveaux maîtres des campagnes. La diffusion de l’estantade dans la Grande Lande, par exemple, a pu se faire dans ce contexte (et non son apparition : une maison à estantade est attestée fin XVIe dans le Terrier de Labrit, une seule sur l’ensemble du territoire pris en compte). La distinction entre une salle à manger et une salle arrière dédiée à la préparation, est une autre évolution notable et tardive. Bref, rien ne milite dans le sens d’une maison landaise de laboureurs à pans de bois identique entre le XVIIIE et le XIXe siècle. Bref, oui, l’arrière pourrait très bien être figuré de cette manière. On ne peut avoir aucune certitude pour cette période et les études sur le bâti ancien à pans de bois dans les Landes sont rares. Pour les références, voir les actes du colloque de Sabres (« La Grande Lande, histoire naturelle et géographie historique » et « De la lagune à l’airial ») et la monographie sur Labrit publiée par Ausonius ». (sur Facebook, dans le groupe Histoire, Patrimoine et Culture des Landes, le 23/01/25).

Isabelle Laffourcade : « Ce qui est classique, c’est la « chambre du fond ». C’était comme ça à Bergonce: je traversais la chambre de mon frangin pour aller dans la mienne! » (sur Facebook, dans le groupe Histoire, Patrimoine et Culture des Landes, le 23/01/25).

Philippine Piel : « Malheureusement, je connais peu l’architecture rurale de l’arrondissement de Dax. Les réalités historiques, géographiques, sociales et économiques de ce territoire sont bien différentes de celles
étudiées en Haute Lande… Néanmoins, les dispositions représentées sur le plan au sol de votre document de 1779 font en partie écho à celles de la Haute Lande à la même période : la salle dite « mange
pain » est appelée plus au nord du département « salle commune » (on y vit, prépare les repas et on y mange) ; en Haute Lande, l’étable associée aux pièces domestiques se retrouve plutôt dans les maisons à trois vaisseaux (structure basilicale), avec ou sans auvent, avec étage ou grenier (comme à Marquèze par exemple). La même ouverture pour nourrir les bœufs, depuis la cheminée, est également utilisée et porte le nom de boujalet ou d’estaoulis (très photographié par Félix Arnaudin, fin XIXe – début XXe s.).
Je ne sais pas à quoi fait référence le plan du haut. Peut-être un plan en coupe d’une cloison intérieure ? »
(communication par mail, le 27/03/2025)

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