Deux types de fées gasconnes, nommées hadas : certaines lutines, d’autres en lien avec l’eau

Cette publication fait partie de la série Croyances et légendes landaises

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Philippe Mora

Les hadas, ou hades en français, ont deux formes différentes dans les Landes. C’est pourquoi, en plus de l’ouvrage de Vincent Foix1 que j’utilise pour cette série sur les légendes landaises, je piocherai aussi dans une présentation de l’ouvrage de Gaston Deborn, Contes sauvages des landes abolies2. Avec les hadas, nous sommes là en présence de fées, mais pas comme celles que vous avez déjà croisées !

Si je tiens ici à les nommer hadas, ce n’est pas par folklorisme, c’est simplement que les fées ont des légendes à travers le monde, avec des spécificités pour chaque culture… et oui, les fées ne sont pas forcément minuscules et n’ont pas toujours des ailes de papillon dans le dos ! Ainsi, les hadas sont spécifiques à la gasconne, aux Pyrénées espagnoles et françaises.

Lieux fétiches des hadas dans les Landes : « On sait que toute la contrée du Réys, près Saint Julien de Gabarret, leur appartient sans conteste ; les profondes cavernes, las canes de las hades (les cavernes des fées), qu’aujourd’hui l’on chercherait en vain, sont leurs demeures pendant le jour. » Plus loin on apprend qu’une chambre des fées se trouverait à Habas, tandis qu’à Nerbis « on vous contera le procédé peu respectueux, mais infaillible », pour s’en débarrasser… (Foix, p.36). Je vous propose de découvrir une autre de ces cavernes, à Saint-Gor, sur le site Fontaines des Landes.

Alors découvrons en images, ces hadas landaises…

« Les fées, appelées aussi parfois hadetas / hadetes ou petites fées. Chez nos paysans, les fées sont des lutins qui s’amusent aux dépens de ceux qui les écoutent, toujours prêts à quelque vilain tour, ils rient, se moquent, taquinent, harcèlent les pauvres humains de leurs agaceries » (Foix, p.35).

Gaston Deborn en propose une toute autre vision, il les décrit comme « ayant l’apparence de femmes blondes aux pieds palmés comme les oies (…), il n’était pas rare de voir ces hadas se prélasser au bord des sources et fontaines entre lesquelles elles pouvaient mystérieusement naviguer grâce à leurs royaumes souterrains, de riches cavernes dans lesquelles très peu d’humains purent pénétrer »3. Voici quelques illustrations que j’ai créées en m’inspirant de cette description, illustrations qui entreront peut-être dans le projet créatif que nous menons actuellement avec la peintre Barbara Low :

Pour vos enfants ou petits enfants :

Pour finir, nous allons nous rendre en Espagne, car les hadas partagent les mêmes caractéristiques dans certaines régions (Aragon notamment) :

Ci-dessus, vous observez la « Fuente de las hadas », à Villaviciosa-de-Odon. Cette photo est accessible sur la page « Hada » de Wikipedia. Cette page confirme que ces fées vivent sous terre, « auprès des sources et des ruisseaux ». En Espagne, ils les appellent aussi lamina (basque) et… mora. Je ne savais pas que Mora, nom de famille si courant dans les Landes, pouvait aussi signifier « fée » ! Le plus souvent ce mot espagnol est traduit par « mûre » (le fruit).

Enfin, je vous convie à lire les liens car vous en apprendrez plus sur les hadas, et notamment qu’elles peuvent avoir des enfants : toute une histoire !

  1. Sorcières et loups-garous dans les Landes, éditeur Princi Néguer, 2001 [1904]. ↩︎
  2. Accès direct à ce texte : https://diubiban.fr/bibans/contes-sauvages-des-landes-abolies/ ↩︎
  3. Voir la note 2. ↩︎

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