Philippe Mora
Je l’avais mentionné brièvement lors de mon dernier passage aux Archives Départementales (AD) : les retranscriptions des hypothèques sont en cours de numérisation !
Jusqu’à récemment, seules les premières étapes de recherche étaient accessibles en ligne. Pour lire la retranscription complète d’un acte, il fallait encore se rendre sur place. Mais bonne nouvelle : les AD ont annoncé que l’ensemble des retranscriptions seront progressivement numérisées. A terme, il ne sera donc plus nécessaire de se déplacer !

Mais à quoi ça sert exactement ? Ces retranscriptions permettent de reconstituer l’historique de propriété d’un bien immobilier : maison, parcelle, prairie, etc. Elles sont donc précieuses pour les généalogistes. Concrètement, la recherche se déroule en 4 étapes (si vous voulez encore plus précis, direction le PDF des AD) :
- 1) Identifier le nom de famille. On commence par chercher le nom qui nous intéresse. Attention aux variantes orthographiques ! Cette recherche renvoie à une première référence : notez-la soigneusement pour passer à l’étape suivante.
- 2) Trouver la bonne personne. A cette étape, on accède à la liste des personnes portant ce nom, avec indications sur leurs métiers ou leurs communes. Il faut repérer l’individu concerné, relever la nouvelle référence et passer à l’étape 3.
- 3) Repérer les transactions. Ici, on trouve la case de l’individu qui comprend une liste mentionnant toutes les ventes et achats réalisés : montants, dates, et surtout, des références pour chaque opération.
- 4) Lire la retranscription complète. Enfin, on accède à la retranscription intégrale de l’acte de vente ou d’achat. Une vraie mine d’or !
J’ai pu tester cette 4ème étape, et c’est vraiment impressionnant. On remonte facilement jusqu’à la Révolution, et parfois même au-delà. Exemple concret : pour le bien de Brandélis (présenté dans la série sur les familles landaises dans le mouvement vincentien), vendu en 1864, j’ai découvert qu’il appartenait déjà au père de la vendeuse, décédé en 1801. Et d’ailleurs, je n’avais aucune idée que Brandélis était revenu dans la famille Mancamp qui l’avait eu en sa possession au 17ème siècle ! Pas étonnant de remonter si loin, car les AD indiquent que ces archives « donnent accès aux copies d’actes notariés passés pour des biens situés dans les Landes entre 1773 et 1957 ».
Où en est la numérisation ?
La numérisation a commencé par le secteur de Dax, car c’est le plus demandé. Mais même là, tout n’est pas encore en ligne. Les données les plus récentes ne sont pas encore disponibles. J’ai justement un exemple : je connais le propriétaire d’un bien à partir des années 50. Pour l’instant, je ne peux pas accéder à son acte d’achat… mais d’ici quelques mois, cela devrait être possible. Et grâce à cet acte, je pourrai remonter tous les propriétaires précédents, simplement en suivant les références des vendeurs successifs !
En prime, ces retranscriptions apportent souvent des informations inédites sur les individus eux-mêmes : professions, montants investis, lieux d’habitation ou d’investissement… Autant d’éléments précieux pour enrichir un arbre généalogiques ou mieux comprendre le parcours de vie d’un ancêtre.
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