La famille Pommiers : allons jusqu’à Jean-Baptiste

Suite de la série de l’été 2025, 5ème chapitre !

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Philippe Mora

La famille Pommiers est clairement installée à Pontonx. Il est difficile de déterminer d’où ils viennent. Le nom Pommiers, relativement répandu, se prononce avec le S final, viendrait de pomerium (époque romaine), à savoir une limite tracée par un sillon de charrue lors d’un rite de fondation[i]. Quelques descendants du château de Veyrac ont vécu dans les Landes mais rien ne les relie, pour le moment, aux Pommiers de Pontonx. Et comme ce nom de famille est relativement fréquent, cela permet d’envisager des origines méconnues provenant du secteur.

Nous pouvons remonter la branche des Pommiers de Pontonx jusqu’à François Pommiers (v. 1550 – av. 1615), grand-père de Marie Pommiers. Avec Isabeau Baffoigne, ils ont beaucoup d’enfants, entraperçus précédemment. L’un d’eux, Dominique, est marchand de Pontonx et époux de Marguerite Mancamp. Ce couple a une nombreuse progéniture. Parmi ses enfants, nous l’avons déjà dit, Marie Pommiers, épouse de Louis Mora. Nous avons déjà vu une de ses sœurs, en lien avec la généalogie de saint Vincent, mais un de ses frères se démarque aussi pour deux raisons : Pierre Pommiers (v. 1630 – 1691), greffier de Pontonx. La première raison, sa présence lors du mariage d’une fille du couple Mora / Pommiers. La seconde, c’est qu’il est le grand-père du Lazariste. Avec Marie Bérard, d’une famille de notables de Gamarde, ils ont eu cinq enfants, dont Simon Pommiers né en 1675 à Pontonx, praticien. Celui-ci se marie en 1701 avec Françoise Saint-Genès, qui rapproche les Pommiers des Saint-Cristau, famille noble. Le père de Françoise Saint-Genès est un bourgeois de Bordeaux et sa mère Marthe D’Embidonnes, héritière de François, juge royal. Françoise Saint-Genès et Simon Pommiers ont eu à leur tour cinq enfants, parmi lesquels Jean-Baptiste, prêtre de la Mission né en 1707 à Pontonx, décédé en 1744. Sa fonction principale était celle de professeur au séminaire de Cahors. Son oncle, Guillaume Pommiers, fut ecclésiastique à Buglose. Enfin, comme Jean-Joseph Mancamp, il fait partie des prêtres à avoir une courte biographie dans le livre de Pémartin. Nous y reviendrons en conclusion. Ainsi, Jean-Baptiste Pommiers est le petit-fils d’un frère de Marie Pommiers, épouse de Louis Mora dit du Chot.

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Sur plusieurs générations, nous constatons que ces familles ont vu évoluer et disparaître saint Vincent et ont poursuivi son œuvre bien après son décès. Par ailleurs, elles étaient liées aux Depaul de Pouy et aux Mora de Saint-Paul par des alliances matrimoniales. Ces unions ont entraîné les seuls parrainages des Pommiers et des Mancamp, à Saint-Paul. Fait notable : ces familles ne se sont pas alliées avec d’autres branches Mora, elles souhaitaient précisément être liées avec les Mora de Saint-Paul. Toutefois, au cours du XVIIIe siècle, un mariage Pommiers / Mora échappe à ce constat. En effet, en 1752, une Mora originaire de Pontonx épouse un membre des Pommiers à Buglose[iii], en présence de prêtres missionnaires. L’identité exacte de cette Mora demeure inconnue. Par contre, les lecteurs du blog feront de suite le lien : ce Pommiers, a tout d’abord été marié à une Dutaret de Laubia, et oui, de la même famille qu’Arnaud ! (voir ici et ici)

Les Pommiers et les Mancamp forment en fait un trio avec les Destouesse, comme nous le révèle l’abbé Daugé[iv] : « les Pomiers, les Destouesse, les Mancamp, fournissent les notaires à Rion, avec résidence à Pontonx » (p. 426). Ces liens perdurent jusqu’à la Révolution française. À la fin du XVIIIe siècle, un Destouesse et un Mancamp siègent même comme députés du Tiers-Etat de Pontonx[v].

Source

Chacune de ces familles comprend un prêtre de la Mission. Pour les Destouesse, il s’agit de Jean-Baptiste, né à Tartas le 25 juin 1742. Son père, également nommé Jean-Baptiste, est juge de Pontonx, où il réside. Il est écuyer, bourgeois et sa conjointe se nomme Marthe Vios, fille de Michel Elie Vios, conseiller du roi et de Marie-Anne de Lalande de « Favas », issue de la famille bayonnaise de Lalande, croisée auparavant avec la famille Mancamp. Curieusement, une Marthe Vios apparaît comme marraine dans la fratrie de Pierre Duchâteau, autre missionnaire. Simple homonymie ou véritable coïncidence ? Ce point reste à élucider.

Jean-Baptiste Destouesse est également le beau-frère de Samson Mancamp, issu de la lignée d’Arnaud Mancamp. Pour une vision plus étendue de la généalogie des Destouesse, on se reportera aux recherches d’Hervé Coudroy et de Cyril Delmas-Marsalet[vi]. Enfin, sans entrer dans les détails, je note qu’il y a eu au moins six mariages entre des membres des familles Destouesse et Cardenau, appartenant à différentes branches que nous examinerons ci-après, durant les XVIIe et XVIIIe siècles.


[i] Nous émettons cette hypothèse à partir de la page du château de Veyrac, en Gironde, qui appartient à la famille Pommiers https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Pommiers_(V%C3%A9rac). D’après Philippe Soussieux, qui s’appuie sur différents linguistes, cela viendrait plutôt du latin « pomus », pour pommeraie (op.cit., p.83).

J’ai enlevé la note numéro 2 (ii), directement sur la page du blog, d’où son absence et le trou entre la 1 et la 3.

[iii] E dépôt 283 / GG7 – 12 aux AD des Landes. Permalien : https://archives.landes.fr/ark:35227/s0052cbf4450afa7/52cc0414ae869.fiche=arko_fiche_62a84ed70905a.moteur=arko_default_62a88e82782fb

[iv] Permalien : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3346954x

[v] Dans le bulletin de 1881 de la Société de Borda, p. 272.

[vi] Cliquez ici pour accéder aux travaux d’Hervé Coudroy et ici pour la généalogie descendante de Cyril Delmas-Marsalet.

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