L’origine du nom Baffoigne : évaluation des différentes hypothèses

Christian Baffoigne

Le nom « Baffoigne » est absent de votre arbre généalogique ?! Qu’importe ! Le minutieux travail de recherche présenté ici vous aidera à nourrir vos propres réflexions sur l’origine des noms landais. Christian décrypte les aléas des prononciations et met en lumière les principales sources documentaires à consulter. Cet article est un extrait de sa chronique familiale, initialement partagée sur sa page Généanet. Philippe Mora

Baffoigne, d’où ce nom peut-il bien venir ? Il n’est jamais apparu ailleurs que dans un petit coin des Landes, et grâce aux relevés de l’INSEE, on sait que lui, ou une de ses variantes, n’existe nulle part ailleurs (56 naissances en France au 20ème siècle).

RECHERCHES CONCERNANT LE NOM

Les noms de famille sont apparus en France au 12ème siècle, lorsque l’augmentation de la population ne permit plus de différencier les individus par leur prénom (qui s’appelait d’ailleurs : nom) auquel s’ajoutait le nom de leur père. Cela donnait : le Martin de Pierre, le Jean de Paul. S’imposèrent, comme nom de famille : le métier, le lieu de résidence, une particularité physique, un trait de caractère, etc.

Au 16ème siècle, le 10 août 1539, le Roi François 1er promulgue l’ordonnance de Villers-Cotterêts, qui fait du français la langue administrative et généralise l’enregistrement des baptêmes, donc des noms de famille (pour les catholiques).

Ordonnance de Villers-Cotterêts : article relatif à l’emploi de la langue française

« Art. 111 – Et pour ce que telles choses sont souventes fois advenues sur l’intelligence des mots latins contenuz esd. arrestz, nous voulons que doresnavant tout arrestz, ensemble toutes autres procedures, soient de noz courtz souveraines ou autres subalternes et inférieurs, soient des registres, enquestes, contractz, commissions, sentences, testamens et autres qielzconques actes et exploictz de justice ou qui en deppenden, soient prononcez, enregistrez et delivrez aux parties en langage maternel françois et non autrement. Article relatif aux actes notariés Art.173 – Que tous notaires et tabellions, tant de nostre Chastellet de Paris que autres quelzconques, seront tenuz faire fidelement registre et prothoccoles de tous les testamens et controlez qu’ils passeront et recevront et iceulx garder diligemment pour y avoir recours quand il sera requis et nécessaire. »

C’est seulement après la Révolution que l’inscription sur les registres d’état civil (et non plus registres paroissiaux) sera étendue à tous, et, entre 1875 et 1877, avec l’établissement obligatoire des livrets de famille, lors des mariages, que les noms de familles furent fixés de manière définitive avec une orthographe précise.

Dans le cas de notre famille, le nom a, en permanence, évolué. Nous devons beaucoup au hasard qu’il soit redevenu à la fin du 19ème siècle, ce qu’il était au 16ème siècle. Par contre, les descendants de Barthelemy Baffoigne (1847) et de Pierre Baffoigne (1845) qui furent inscrits sur les registres d’état-civil avec le nom Baffogne (c’était l’accent de Sindères et de Morcenx) donnèrent naissance à la branche Baffogne de la famille.

HYPOTHESE DU LIEU EN GASCOGNE

  • A SAINT-MARTIN-de-HINX (Pays de Gosse) : Lieu « BAFUNOLE »

Cartulaire de la cathédrale de Dax (non daté) Acte original 27 : Arnaldus de Goosa dedit Sancte Marie pro sepultura sua partem suam pomariorum, et terre quam habebat cum parentibus suis in parrochia Sancti Martini de Fien in duobus locis, a Bafunole scilicet atque a Beirest.

Traduction de l’acte 27 : Arnaud de Goos a donné à Sainte-Marie pour sa sépulture sa part des vergers et de la terre qu’il possédait avec ses parents, dans la paroisse de Saint-Martin-de-Hinx, dans deux lieux, à savoir à Bafunole et à Beirest.

L’acte 27 parle d’un lieu nommé « Bafunole », or j’ai toujours pensé que ce lieu était une très sérieuse possibilité d’origine du nom Baffoigne ! Car le F latin est étonnamment présent au lieu du H gascon !

L’acte est en latin, donc le rédacteur a employé la lettre latine d’origine, et non son « avatar » gascon. Nous aurions là une preuve que le nom d’origine comportait un F et non un H Bafunole a fort bien pu donner : Bafounhe ou Bafonhe. Ce n’est que plus tard que la très logique et systématique transformation du « F » en « H » a fini par s’imposer et les rédacteurs d’actes écrivaient Bahonhe, nom que l’on trouve à Pontonx-sur-l’Adour pendant des siècles.

  • A SAINT-BARTHELEMY (Pays de Seignanx) : Maison BAHOUIGNE

La carte de Cassini du XVIIIème siècle mentionne ce lieu. Je n’ai rien trouvé concernant cette maison hormis Pierre de Baffoigne. Né en 1694 et décédé le 4 mai 1772 à Gaas (Landes) au « Pontiq » Maison presbytérale, à l’âge de 78 ans, docteur en théologie, prêtre, curé de Gaas de avril 1739 à 1772. Pierre de Baffoigne a été également prêtre et vicaire à Saint-André-de-Seignanx jusqu’à décembre 1738. Il est fort possible, Saint-André-de-Seignanx et Saint-Barthélémy étant des paroisses contigües, qu’il y ait eu une famille Baffoigne à Saint-Barthélémy à cette période, mais fort peu probable que ce soit cette maison qui ait donné son nom à cette famille, plutôt l’inverse.

  • A LEON Maison « BAFFOIGNE »

C’est la famille Baffoigne qui a donné son nom à cette maison et non l’inverse. C’est Marie Baffoigne née le 30 octobre 1774 à Léon (Landes) au Flandé de Sescousse et décédée le 3 mars 1845 à Léon (Landes). Cultivatrice, propriétaire à Léon au lieu-dit « Baffoigne », elle faisait partie de notre famille par Jean Baffoigne et Françoise Condom. A son décès les biens ont été hérités par ses enfants (famille Labeyrie).

  • A SAINT-MICHEL-ESCALUS Lieu-dit « BAFFOIGNE » puis quartier « BAFFOUGNE »

C’est la famille Baffoigne qui a donné son nom à ce lieu et non l’inverse. C’est Jean BAFFOIGNE né le 9 décembre 1777 à Léon et décédé le 29 juin 1826 à Saint-Michel-Escalus qui est à l’origine du nom de lieu-dit. Il faisait partie de notre famille par Pierre Baffoigne et Françoise Campet. En effet venu s’installer là, avec son frère (initialement indiqué comme « fils », un lecteur nous a signalé cette petite erreur, nous l’en remercions !), Etienne Baffoigne né le 2 mars 1774 à Vielle-Saint-Girons (Landes) et décédé le 2 juin 1839 à Saint-Michel-Escalus (Landes), sa petite-fille Elisabeth Baffoigne née le 23 nivôse an XI (13 janvier 1803) à Linxe (Landes) et décédée le 18 octobre 1867 à Saint-Michel-Escalus (mariée avec Etienne Lespitaou) et un autre petit-fils Jean Baffoigne né le 26 avril 1806 à Linxe et décédé le 14 décembre 1871 à Vielle-Saint-Girons (marié avec Jeanne Marie Despouys). Cette concentration de Baffoigne dans un lieu où ils étaient seuls a donné le nom à l’endroit, ils exploitaient une immense pépinière de pins maritimes destinés à la forestation du département des Landes. Lorsque la forestation s’est déplacée vers l’est, le lieu est devenu le quartier « Baffoigne », le nom de ce lieu-dit existe toujours à notre époque à Saint-Michel-Escalus, sous le nom Baffogne.

  • A PONTONX-sur-L’ADOUR Maison « BAHOUGNE »

Le 14 septembre 1674 à Pontonx-sur-l’Adour a été baptisée Jeanne de Mora fille de Jean de Mora dit « BAHOUGNE » et de Jeanne de Rieutort. Le 15 novembre 1665 à Pontonx-sur-l’Adour, baptême de Antoine de Serres fils de Jean de Serres dit « BAHOUGNE » et de Jeanne… Ces personnes résidaient dans une maison nommée « Bahougne ». Il y avait en effet une métairie Bahougne à Pontonx, propriété de la famille Baffoigne.

  • A MUGRON Maison « BAHOGNE »

Le 17 février 1647 à Mugron, baptême de Françoise Batiston fille de André Batiston dit « BAHOGNE » et de Bertrande Jusanx. Ces personnes résidaient dans une maison nommée Bahougne. Il y avait en effet une métairie Bahogne à Mugron, propriété de la famille Baffoigne.

HYPOTHESE : LE NOM DESIGNE UNE PARTICULARITE

Nous trouvons trace de ce nom, Bahonhe, depuis le début du 13ème siècle ; il faut donc trouver une racine gasconne à ce nom, en ne perdant jamais de vue qu’il faut que ce soit quelque chose de suffisamment particulier pour expliquer le fait qu’il soit resté unique. Car c’est là que se trouve la difficulté.

En effet, les noms sont apparus en France pour pallier les difficultés que posaient l’augmentation de la population et l’impossibilité de conserver l’usage unique des prénoms (12ème-13ème siècles). Et comme le bon sens est souvent de mise, les noms choisis ont une logique : le lieu (Dupont, Dubois, Dufour, etc.) ou une particularité (Legrand, Legros, Petit, etc.) et, immanquablement, cela se retrouvait un peu plus loin, ou un peu plus tard, ce qui fait que l’on trouvait toujours plusieurs familles portant le même nom ou presque.

Dans ce cas, le surnom « Bahougne » a-t-il un sens particulier qualifiant un comportement ou un état ? Il faudrait que ce soit quelque chose de bien « spécial  » pour que l’on ne l’ait jamais retrouvé ailleurs car, lui, ou une de ses variantes, ou même quelque chose d’approchant, n’est jamais apparu hors des Landes ou de la Gironde avant la fin du 19ème siècle.

Concernant Bahougne/Baffougne/Baffoigne, il faut se rappeler que le H, en gascon, remplace le « F » latin. Le « f », en gascon, a toujours été prononcé « h ». Pourquoi dans le cas de notre famille le « f » latin a-t-il subsisté ? Cela se retrouve d’ailleurs, de temps en temps, en Gascogne : Dufau-Duhau, Lafitte-Lahitte, Lafourcade-Lahourcade, etc.

En gascon, « la Hougne » désigne une action très vive qui emporte tout sur son passage. S’écrit : Hougne, Hogne, Honhe, mais se prononce toujours Hougne. Ce terme gascon pourrait ressembler au français fougue, fougueux… L’un de nos premiers ancêtres avait peut-être un caractère violent et emporté ! Donc, surnommé « La Honhe », cela aurait-il pu donner ensuite Bahonhe ? C’est possible, bien entendu, mais il est surprenant qu’il soit le seul a avoir mérité ce surnom, on aurait obligatoirement dû retrouver des Bahonhe ici ou là, ailleurs que dans ce petit coin des Landes, au Béarn, en Catalogne, etc. dans un autre endroit de langue d’Oc ! Cette rareté est logiquement inexplicable !

Baffoigne, venant d’un caractère fougueux ? Probablement non !

– I – HYPOTHESE DE L’ORIGINE EXTERIEURE

En langage de sport de voile, la « Baffougne », est un fort coup de vent ou un violent orage. C’est un mot toujours employé de nos jours, d’origine italienne, il désigne un violent orage d’été craint des pêcheurs Italiens qu’ils nomment la « baffogne ». Il est à noter que ce nom ressemble beaucoup à la Hougne gasconne citée plus haut.

Serait-il possible que le premier Baffoigne fut un marchand ou un juriste Italien installé à Bordeaux ? Et qu’il ait fait souche ?

Ce n’est pas impossible, en effet malgré l’influence gasconne qui aurait dû faire disparaître le ou les « F » au profit du « H », dès la francisation obligatoire du nom, il a été BAFFOIGNE, malgré toutes les difficultés pour les Landais à prononcer un nom pourvu de lettres imprononçables dans leur langue !!! La preuve en est la « martyrisation » du nom : On rencontre pour la même famille : Baffouigne, Bafougne, Baffogne, Bafoègne, Bafoygne, Baffoagne, même une fois Baphoigne ! Etc.

En outre, le premier Baffoigne cité (en 1287 voir plus bas) faisait du commerce avec des marchands Italiens de Florence (Notarial Instrument of Pierre de Bafougne recording the recognition of a debt to the King by Donatus and Estoldus Conforti , merchands of Florence).

Voici ce que pense Jean Tosti de cette hypothèse : « Excellente piste ! La « bafogna » désigne en effet une tempête en dialecte napolitain. La racine baf- (tout comme buf-) est de toute façon le plus souvent liée à l’idée de souffle, de vent dans les langues romanes (c’est le cas par exemple en catalan). En outre il existe vers Milan, en Italie, un lieu nomme BAFIGNANA. »

Et si la famille Baffoigne venait d’un marchand Italien ? Peu probable finalement.

Il existe une autre possibilité d’origine extérieure du nom : Il s’agit de VASSOGNE une commune de l’Aisne. En gascon le V devenant B , nous avons Bassogne. En outre il existe à proximité, en Belgique, la ville de Bastogne. Il faut relever également l’existence du nom De VASSOIGNE (général français) né en Martinique mais dont la famille était originaire du nord de la France.

Un Vassogne ou Vassoigne serait-il venu du nord pour s’établir en Aquitaine ?

– II – HYPOTHESE : LE NOM N’EST PAS ISSU DU GASCON

Les différents actes retrouvés nous amènent à déduire que le nom d’origine devait être quelque chose de très proche de Bafougne/Bafogne devenu pour certains Bahougne/Baheigne. Le nom BAFOUGNE est cité le 18 June 1287 – Bordeaux : Notarial Instrument of Pierre de Bafougne recording the recognition of a debt to the King by Donatus and Estoldus Conforti, merchands of Florence. (Bordeaux était Anglaise – Registres Gascons d’Oxford – Ce Pierre de Bafougne était Notaire Apostolique). Et pour nous , il est resté Baffoigne.

Nous avons eu en effet une famille, depuis la création de notre nom vers 1500, composée de notaires, juges, huissiers, etc., qui savaient tous écrire, et, génération après génération, bien que se nommant eux même oralement Bahouigne (prononciation gasconne) écrivaient Baffouigne ou Baffoigne. En effet, à Onesse-et-Laharie, Sindères, Morcenx, en gascon (dit aussi « patois »), il est quasiment impossible de prononcer BAFFOIGNE ; cela donne quelque chose entre BAHOUGNE (plutôt BAHOUIGNE) et BAHOGNE.

Mais si cela explique la conservation du F latin, il est difficile d’admettre que ce nom Bafougne/Bahougne n’ait jamais été retrouvé ailleurs en Gascogne. Il est réellement centralisé sur une petite partie des Landes de Gascogne, et doit être une particularité très locale… et très rare… ou autre chose venu d’ailleurs ! Car il est évident que ce nom, s’il était d’origine gasconne, aurait dû apparaître à d’autres endroits de la Gascogne, voire même d’un autre pays de langue d’Oc.

Or ce nom est très rare, et tous les Baffoigne font partie de la même famille, elle est unique à partir du 16ème siècle, centralisée sur une minuscule partie des Landes :
– Une branche à Capbreton (des marchands maîtres de navires), Tartas, Dax et Mugron (Hommes de loi, notaires) (les liens familiaux sont irréfutables).
– Une branche à Pontonx-sur-l’Adour (Artisans tailleurs ,cordonniers) et à Mont-de-Marsan (Tailleurs, apothicaires) et à Saint-Jean-de-Lier (Bateliers marchands).
– Et quelques individualités de-ci de-là difficiles à rattacher au tronc familial : Bayonne et Linxe (des marchands, des praticiens), sans doute issues de Capbreton.
– Rivière (des praticiens), Saint-Vincent-de-Paul (Juges, huissiers).

Et le cas de Saint-Paul-les-Dax où l’on trouve peut-être le seul et unique agriculteur (vigneron?) ou tisserand ? qui se nomme Baffoigne au 17ème siècle. L’erreur est impossible, en effet la seule possibilité d’erreur serait une méprise ou une mauvaise écriture du nom concernant les familles Baffoigne et Baheigne. Or le curé faisait bien la différence entre les deux familles, les actes le prouvent, on trouve même un Baheigne (meunier) parrain d’un Baffoigne…

Comment un Baffoigne issu d’une famille qui fut noble (une petite partie et très peu de temps) ou petits bourgeois de leurs paroisses, se retrouve-t-il tisserand à Saint-Paul-les-Dax, qu’il soit le seul et unique agriculteur parmi TOUS les Baffoigne portant ce même nom à cette époque ?

L’explication se trouve dans le système d’héritage alors en vigueur : l’aîné héritait de 75%, et les autres enfants se partageaient les 25% restant.

C’est là que l’on trouve un Pierre Baffoigne 3ème garçon d’un huissier ou greffier (lecture très difficile) né en 1641 à Saint-Vincent-de-Paul, qui n’a donc eu qu’une petite partie de l’héritage, qui décède vers 22 ans à Saint-Paul-lès-Dax, laissant un enfant unique : François Baffoigne âgé de deux ans environ, et une veuve Marguerite Dutruilh (issue d’une famille de tisserands et de maîtres-tailleurs) qui se remarie avec Martin Harran (tisserand) lui même veuf qui a privilégié ses propres enfants pour la transmission de ses biens !

Mais alors comment expliquer le fait que très vite le nom soit devenu BAFFOUIGNE ? Tout simplement parce que, comme on l’a dit, le nom BAFFOIGNE est absolument imprononçable par les Landais, les BAFFOIGNE eux-mêmes devaient le prononcer avec un accent tel qu’il devait ressembler à BAHOUIGNE/BAFFOUIGNE (pendant toute la durée du 17ème siècle la famille BAFFOIGNE de Mont-de-Marsan se nomme BAFFOIGNE sur TOUS les actes mais les signe : Baffoigne (quelquefois) ; Baffougne (un peu) ; Baffouigne (la quasi totalité des signatures). Il ne faut surtout pas oublier qu’à cette époque tout le monde parlait le gascon, utilisé dans la quasi totalité des conversations et que même ceux qui parlaient français, devaient subir une très sérieuse influence de l’accent gascon. Un exemple, récent, mais révélateur : notre arrière-grand-père Henri Baffoigne est nommé sur les actes d’état-civil : Baffoigne, sur son livret militaire : Baffogne, et il signait Baffougne…

Charles Videgain, un philologue, explique comment le « f » latin est remplacé par le « h » gascon. Voici un extrait de son livre : « Les philologues, depuis Luchaire, expliquent de nombreux traits caractéristiques du gascon à partir du basque ou par une langue bascoïde en Aquitaine. Nous ne donnons ici que quelques phénomènes qui font du gascon un parler différent de l’ensemble occitan – parmi les données de P. Bec ou J. Allières par exemple. – Le f latin donne h en gascon : focu « feu » donne huèc en gascon ; gafare, «saisir » donne gahar ; flore, « fleur », hlor en gascon ancien. Le castillan a opéré de même mais le gascon le fait de manière plus forte, sans doute à cause du substrat basque. L’aspiration marquée par le h existe en effet en basque, soit entre voyelles, soit même après l, r ou n alors qu’elle n’est nullement connue des langues celtibères ou indo-européennes voisines… »

Voici l’analyse de notre nom par Tédéric Merger du site  » Gasconha.com  » un site sur la langue et la culture Gasconne : « Il est fort possible que Baffonhia soit simplement une déformation due à l’écriture du nom gascon, en effet Bahonha est la graphie occitane normalisée, à la fois pour : Baffonhia, Baffougne , Bahougne, etc. Car « f » a transcrit en ancien gascon, le « h » aspiré qui correspond au « f » latin. On trouve aussi la forme Baheigne dans les Landes. Sens incertain ; il devrait s’agir d’un toponyme à rapprocher de formes comme bahine ou bagniu, qui désigne dans les Landes des nappes d’eau, des marécages . Mais le mystère demeure sur la racine de ce nom. L’idée d’un élément de la nature nommé ainsi dans les Landes , est à retenir. »

Voici l’analyse de notre nom par Jean Tosti, auteur d’un dictionnaire sur les noms de famille, ouvrage très sérieux et très documenté : « Il y a aussi les noms Bahougne et Baheigne, qui ont certainement la même origine. Voici la définition de Bahougne, elle reste hélas bien incomplète ! : Bahougne : Le nom est porté dans la Gironde, où il s’est parfois écrit Bahoigne. On trouve la forme Baheigne dans les Landes. Formes similaires, également dans les Landes : Baffogne, Baffoigne (où le f n’est pas devenu un h). Ces derniers noms, avec des graphies variables, se rencontrent à diverses reprises dans des textes médiévaux, toujours précédés de la préposition « de », ce qui montre qu’on a affaire à un toponyme. Reste à savoir où celui-ci se trouve, et ce qu’il signifie. Pour la localisation, on a le choix entre deux hameaux à Saint-Michel-Escalus et à Léon (Baffougne, Baffogne), sans oublier les hameaux ou fermes de Bahougne, à Saint- Barthélémy et à Saint-Cricq-Chalosse (40). Aucune certitude sur le sens. Il est cependant tentant de faire le rapprochement avec le terme napolitain « bafogna », qui désigne une tempête. »

LE NOM BAFFOIGNE DANS LES LANDES

L’abbé Légé, dans son étude de la famille Castelneau-Tursan cite un notaire : Steven de Bahonhe notaire en 1486 à Pontonx-sur-Adour, qui rédigeait ses actes en latin et les signait STEVANUS de BAHONHIA.

On trouve également un acte du 25 février 1502 aux archives de Capbreton qui le cite (lui ou un fils ?). Il se nommait Steven (Stéphanus – Esteben) de BAHONHE, écriture gasconne du nom que l’on rencontre au moins deux fois (Pontonx et Dax) ou BAHONHE (Capbreton) Steven – Esteben – de BAHONHE a été le père de Mengot de BAFFOIGNE né vers 1500- 1505 à Capbreton qui en a eu au moins cinq enfants : Bertrand, Bon, Jehan, Bertrand et Cathelon.

L’abbé Meyranx cite SANS de BAFFONHIA ou SANCHE de BAFFOIGNE, né vers 1475, qui était également notaire royal à Pontonx-sur-Adour, et qui a été le père de Jehan de BAFFOIGNE né vers 1500, qui a eu sept enfants.

Il est certain que SANS de BAFFONHIA a été présenté au Lieutenant-Général de la sénéchaussée du Brassenx, en qualité de jurat de la Baronnie du Brassenx, sous le nom de SANCHE de BAFFOIGNE (actes des privilèges du Brassenx) en 1513.

Tous les actes qui concernent les enfants et petits enfants de Mengot de Baffoigne sont également à ce même nom.

C’est donc entre 1486 et 1502 Stévanus de Bahonhia ou Steven de Bahonhe et 1513 Sanche de Baffoigne jurat du Brassenx et Mengot de Baffoigne à Capbreton seigneur de Tosse et c’est le fait de cette unique famille, que le nom passa du gascon BAHONHE-BAHONHIA au français BAFFOIGNE sous l’orthographe que nous lui connaissons encore de nos jours.

Le nom a très vite été pérennisé, car, très peu de temps après, le roi François 1er promulguait l’ordonnance de Villers-Cotterêts, le 15 août 1539, qui organisait l’état-civil et qui rendait l’usage du français obligatoire.

Plus ancienne citation du nom BAFOUGNE – 1281 –

Le nom Bafougne est cité dans plusieurs ouvrages historiques, et cela, au moins trois fois : le 2 février 1281 – le 12 juin 1287 – le 28 décembre 1289 – Dans  » La Revue Historique  » – Presses Universitaires de France – 1916 ( Odile Krakowitch – Gabriel Monod – Charles Bémond – Sébastien Charlety – Pierre Renouvin ) . REVUE HISTORIQUE Fondée en 1876 par GABRIEL MONOD – TOME CENT VINGT-TROISIÈME Septembre-Décembre 1916. Paris – Librairie Felix Alcan- 108 Boulevard Saint germain.

Page 52 : Le jour des saints Innocents (28 décembre 1289), en présence de Pierre de Bafougne, notaire apostolique, de Pierre Robert et de nombreux témoins, la Commune de la cité de ayant été convoquée, suivant la coutume, au son des trompettes et de la cloche, se réunit à Saint-Eloi. Interrogée par le gouverneur et par le notaire, elle répondit tout d’une voix, sans rencontrer d’opposition, qu’elle poursuivra l’appel interjeté par le procureur de la communauté, ou en son nom, pour défaut de droit, contre messire Jean de Havering, chevalier du roi d’Angleterre, duc de Guyenne, se disant sénéchal dudit roi et duc, par-devant le roi de France et sa cour . En conséquence, elle constitua comme procureurs maître Guillaume Vidau et Bernard de Montlaur, clercs, Agitai Pansa, Bonafous Cotet le Roux, Gaillard Mosset et Raimond Léon, bourgeois de Bordeaux…

Accès au document original, ici !

Dans l’édition Anglaise (L’Aquitaine était Anglaise) « Gascon Register A » par George Peddy CUTTINO Published for the British Academy by Oxford University Press, 1976. Le nom BAFOUGNE, est cité deux fois, pages 190, 704 ( et tables XXIX ) – 18 June 1287 – Bordeaux : Notarial Instrument of Pierre de Bafougne recording the recognition of a debt to the King by Donatus and Estoldus Conforti , merchands of Florence. Traduction : Par acte notarié rédigé par Maître Pierre de Bafoigne, reconnaissance de la dette due au Roi par Donat et Estold Conforti marchands de Florence. (une somme de 250 livres).

Rôles Gascons – Volume II page 509 – Acte 1647 – Année 1289 : Dans cet acte en latin de Pontonx-sur-l’Adour il est fait mention de Arnaud-Guilhem de BAFFOIGNE de Pontonx et de ses complices, bannis pour le meurtre de Arnaud de CRUCE en 1289. Dans cet acte ils sont amnistiés par le Roi Edouard Ier, Roi d’Angleterre. Accès direct au document / vous pouvez traduire ce document en latin ici.

Dans les Rôles Gascons de Bordeaux, sont cités : Pierre de Bafougne, Arnaldus (Arnaud) de Bafougne – Orthographe très variée : Bafougne, Bahonhe, Bafonha, Bahunhe.

Une citation « amusante » du nom ! Félix Arnaudin (de Lüe) cite un vieux proverbe de la grande Lande (Le Brassenx – Morcenx) en gascon : « Se tchaperé lo ben de Bahougne » Félix Arnaudin traduit cela par « Il mangererait le bien de Baffoigne » destiné à un ambitieux qui « aurait les yeux plus grands que le ventre » en reliant cela à la famille Baffoigne qui fût immensément riche à Morcenx (propriétaire du château de Castillon à Arengosse près de Morcenx).

LES VARIANTES DU NOM

Les variantes du nom sont permanentes dans les actes paroissiaux.

  • Par exemple : A St-Paul-les-Dax BAFFOUIGNE François a donné naissance à BAFFOUGNE Jean qui a eu comme enfant BAFOUIGNE Estienne dont les enfants se sont appelés, en partie BAFFOIGNE et en partie BAFFOUGNE .
  • Notre arrière-grand-père né Henri BAFFOIGNE a fait son service militaire sous le nom de Henri BAFFOGNE…
  • Autre exemple : celui de Jeanne BAFFOIGNE de Linxe, née en 1702 ; Jeanne est nommée BAHOUGNE à sa naissance (elle est née chez sa mère à Castets), elle est nommée BAFOIGNE sur son acte de mariage, elle est nommée BAHEIGNE sur les actes de naissance de ses enfants, elle est nommée BAHOUGNE pour son second mariage. Son père a été nommé BAHAINGNE sur son acte de mariage et son frère BAHOUIN sur le sien ! Si au début de l’histoire familiale (du 15ème au début du 18ème siècle) le nom n’a pas varié, à compter de 1760 (nos ancêtres deviennent agriculteurs) il a bien été malmené, et cela, j’en suis intimement persuadé, sans même que nos ancêtres s’en rendent compte. Le nom évoluait imperceptiblement au hasard des accents locaux.

La chose la plus extraordinaire, c’est que notre nom, après être parti BAFFOIGNE de Morcenx (Arengosse) au début du 16ème siècle (en 1513) après être passé par une multitude de variantes, est revenu à Morcenx vers le milieu du 19ème siècle intact !

QUE SONT DEVENUS CES NOMS ?

NOMS DISPARUS avant 1891 : BAFFOUIGNE, BAFOUIGNE, BAFFOIGUE, BAFFAGNE, BAFFOUGNE, BAFOUGNE, BAHOIGNE, BASSOIGNE.

NOM DISPARU après 1915, BAFOIGNE.

CAS PARTICULIER DE BAHOUIGNE Il y a une soixantaine de mariages BAHEIGNE, BAHOIGNE et BAHOUIGNE dans les actes des 17ème et 18ème siècles dans les Landes, essentiellement à St-Vincent-de-Paul, St-Paul-les-Dax et Castets.

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