Le Mont-de-Marsan (et ses environs) de Stanislas Baron… et de son ami, le peintre Camille Corot

Philippe Mora

Sans Stanislas Baron, Montois, il n’y aurait pas eu d’œuvres de Camille Corot à Mont-de-Marsan et ses alentours. En plus des aspects artistiques et paysagers, sa vie nous fera naviguer dans bien des domaines de la vie montoise de l’époque. Je parlerai aussi de Jean-Baptiste Camille Corot, dit Camille Corot (1796-1875), et comme il est déjà bien connu – certaines de ses toiles dépassent les deux millions d’euros – il sera plus particulièrement évoqué à travers son amitié avec Stanislas Baron et son attachement à la ville de Mont-de-Marsan. Sur le plan artistique, on rappellera qu’il appartenait au mouvement classique mais qu’à la fin de sa vie, ses toiles ont des accents plus poétiques, ce qui lui vaut d’être surnommé « le père de l’impressionnisme« 1. Ainsi, dans ses dernières années, son style est moins réaliste, mais toujours riche d’intérêt, même pour ceux intéressés par la réalité paysagère. De toutes les manières, je ne me focaliserai pas que sur l’œuvre, mais aussi sur les conditions de la création, entre autres, où s’installait précisément l’artiste.

Comment ont débuté ces recherches ?

Tout est parti d’une rencontre fortuite avec un tableau, intitulé Passiance. Pas de faute d’orthographe ici : il s’agit d’un domaine à Saint-Avit, souvent écrit de manière plus classique, Patience. J’ai voulu en savoir plus sur l’origine de ce tableau et de fil en aiguille j’en suis arrivé à mieux connaître le peintre, Corot, et celui qui l’avait amené sur ces lieux : Baron. Pour Passiance, il se trouve que ce dernier, est un proche du propriétaire du domaine, M. de Rivière2. Sachant que son ami peintre, spécialiste des paysages, aimait la nature, les deux hommes se rendirent ensemble au château, ce qui a abouti à plusieurs œuvres.

Château de Passiance, 1920
Site des archives départementales des Landes : ici.
Cadastre, à Saint-Avit
Site des archives départementales des Landes : ici.

Le tableau Passiance fut peint en 1872, à la suite d’un voyage effectué la même année. Le catalogue raisonné du peintre en retrace les circonstances :

« Un méridional, avec lequel il entretient des relations déjà anciennes et qu’il a fréquenté assez intimement pendant le siège3, M. Stanislas Baron, le guette pour l’entraîner dans son pays, à Mont-de-Marsan. Après un court arrêt à Bordeaux, les voyageurs arrivent sur les bords de la Midouze et la mère de M. Baron offre à l’illustre compagnon de son fils une place à son foyer. Corot y demeure plusieurs jours et y fait quelques études. De Mont-de-Marsan, son guide le conduit, dans les environs, au château de Passiance, chez M. de Rivière. Le châtelain se montre fort honoré de cette visite et toute la famille rivalise d’empressement auprès de son hôte. La saison étant devenue un peu rigoureuse, il travaille les pieds sur une chaufferette et si, d’aventure, la pluie contrarie sa séance, une gentille demoiselle le garantit gracieusement de son parapluie.« 4

Camille Corot répondit à l’invitation de son ami, mais ce séjour lui permit de réaliser un plus grand voyage pour rencontrer d’autres personnes et aussi de prendre de la distance avec la Commune5. Il reste ainsi une douzaine de jours dans les Landes, durant le mois d’octobre et y réalisa quelques études. Dans ce contexte, une étude désigne une œuvre préparatoire à la composition finale. Dans le cas de Passiance, Corot fit plusieurs choix esthétiques entre l’étude et le tableau définitif, remplaçant notamment le chemin initial par un cours d’eau.

Ci-dessus, l’œuvre préparatoire (aujourd’hui conservée au musée de Winterthour en Suisse), et ci-dessous, l’œuvre finale :

La première vie de Stanislas Baron : le fils de propriétaire de bateaux devient négociant en vin

Nous allons voir qui est Stanislas Baron, comment il devint l’ami du peintre parisien et pourquoi une place montoise porte encore aujourd’hui son nom. Sa vie se divise en deux grandes périodes d’une durée à peu près égale : la première où il vit à Mont-de-Marsan comme négociant en vins, la seconde, où il devient marchand et collectionneur d’art. Il y en aurait en fait sans doute une troisième, de retour à Mont-de-Marsan, une fois qu’il aurait vendu ou donné la plupart de sa collection.

Sa première vie a commencé à sa naissance. Pour l’état civil, il s’appelait Antoine Baron, né le 11 mai 1824 à Mont-de-Marsan6, prénom qu’il partageait avec son grand père paternel. Fils aîné de Claude Baron, propriétaire de bateaux, et de Catherine Laburthe, issue d’une famille de propriétaires de Saint-Pierre-du-Mont, il naît un an après leur mariage7. On sait que la famille possédait « deux petites maisons Porte Campet« 8 car sa grand mère, Marie Belloc, veuve Baron, entra en conflit avec la famille à ce sujet. On en apprendrait davantage en explorant les archives hypothécaires ou avec les actes notariés, mais ce n’est pas l’objet aujourd’hui.

Revenons au couple Baron/Laburthe : ils eurent un second fils, Clément, en 1827, décédé dès l’année suivante9. Le malheur se poursuit avec la mort du père de Stanislas, en 183010. La jeune veuve et son enfant continuèrent à vivre rue Batelière11, dans la maison familiale. Les recensements indiquent déjà qu’il était appelé « Stanislas » dans l’usage courant, Antoine étant son prénom de l’état civil : ce prénom est donc un choix familial, non une coquetterie artistique.

La rue Batelière, vers 1850… Image créée par IA à partir d’une photo de Google mapsFresque à une extrémité de la rue Batelière. Référence à l’activité d’antan semble-t-il ? Quelqu’un saurait traduire ? (Lien direct vers Google maps).

Au recensement de 1836, Catherine Laburthe, la jeune veuve, s’était remariée avec M. Durou, ferblantier, tout en restant dans la même rue. Mais dès 184112, elle est de nouveau veuve, avec trois enfants issus de ce second mariage. La jeune mère est seule au foyer avec ses enfants, épaulée par sa belle mère, Marie Belloc, jusqu’au décès de celle-ci en 185013.

Toujours rue Batelière d’après les recensements de 1846 et de 185114, Stanislas est pour la première fois qualifié de « négociant » en 1851. Il est en effet marchand de vin. Cette activité lui permet de prendre son essor professionnel, tout en soutenant sa mère. En 185615, il habite rue du Commerce, qui est perpendiculaire à la rue Batelière. Il vit avec sa mère et une domestique, ce qui est courant à l’époque. Les enfants du second lit ne sont plus là, mais il n’y a pas de rupture car on les retrouve très rapidement dans le recensement de 186116. Ce dernier recensement indique que notre marchand de vin réside alors chez le juge d’instruction Salvat Darricau et de son épouse Clary Dedons, tandis que sa mère vit à côté avec ses autres enfants. Cette nouvelle configuration annoncerait-elle un tournant ?

Le Mont-de-Marsan de Stanislas Baron. Nous sommes en 1845 (lien direct vers le document aux AD). 1) la rue Batelière, 2) la rue du Commerce et les cales pour les marchandises des bateaux 3) on le reverra plus loin, c’est là que Corot s’est installé pour une de ses œuvres, 4) Plumaçon n’est qu’une métairie ! Les arènes ne seront construites qu’en 1889… et n’oublions pas que le train est arrivé en 1857.

Des événements de sa vie dans les journaux

Derrière les actes de l’état civil et des recensement, nous en savons plus sur sa vie grâce aux journaux locaux. Par exemple, dès 1855, Stanislas apparaît dans la nouvelle commission administrative des fêtes de la Madeleine17, mais aussi régulièrement dans les années 50, il participe à des concours agricoles, bœufs, volailles (il est clairement propriétaire d’au moins une métairie). C’est que l’homme a des revenus, issus de sa famille de propriétaires et de son activité marchande.

Un fait moins glorieux suit l’année suivante. Stanislas est condamné pour avoir vendu du vin falsifié : un mélange d’eau et d’alcool imitant le vin piquepout18, cépage local19. La peine est très légère : il avait peu vendu, n’avait pas nié les faits et le mélange n’était pas dangereux. Il avait aussi insisté, pour sa défense, avoir informé l’acheteur. La ville n’en gardera guère de trace, si ce n’est quelques coupures de presse.

Mais l’événement le plus important de cette période se déroule juste après, en 1857, car il va être l’initiateur du pain industriel dans la ville de Mont-de-Marsan20 :

« Un atelier de panification mécanique s’établit dans notre ville à l’instar de ceux de Paris et de beaucoup d’autres villes où cette innovation industrielle commence à rendre d’immenses services. C’est M. Stanislas Baron qui a eu l’heureuse pensée d’utiliser à Mont-de-Marsan le savant procédé dont le double résultat est d’obtenir de tous les grains une farine blanche et saine, un pain également blanc et salubre« .

Nous sommes alors au tout début du pain industriel, sujet de débats encore actuels. A l’époque, ce type d’installation était souvent encouragé par des philanthropes, car il permettait de produire du pain à moindre coût. Un an plus tard, l’entreprise est un succès, et son fondateur, reconnu pour sa générosité21.

Seconde vie : marchand d’art, collectionneur, antiquaire et ami de Corot

Sa seconde vie commence lorsqu’il quitte Mont-de-Marsan pour Paris, vers 186322 selon ses souvenirs. Sa famille est de retour, quant à elle, rue Batelière. Un élément demeurera constant durant cette nouvelle vie : son attachement à sa mère et son célibat. Comme Corot23, il ne se maria pas et n’eut pas d’enfants. Un point commun à ne pas surinterpréter, leur vie privée est inconnue à ce jour tandis que leur amitié est factuelle. La méconnaissance de ce domaine fait que chaque petit signe est surinterprété, ce qui a amené certains à supposer que Corot aurait eu une relation avec Valtesse de La Bigne ou qu’elle aurait posé pour lui, ce qui n’est pas démontré.24

Grâce à son métier de négociant, Baron entretenait déjà des liens commerciaux avec Bordeaux et Paris. Lorsqu’il s’installe dans la capitale, le marché de l’art et du collectionnisme y connaît un essor sans précédent. Un livre parle de « la belle époque » des collectionneurs / marchands d’art25 pour les années allant de 1850 à 1914. Il s’y intègre rapidement, se liant avec de nombreux artistes, il est aussi en contact avec des musées. Son expérience de négociant et son goût des échanges ont probablement facilité sa reconversion. De marchand de vin, il devient marchand d’art.

Un marchand d’art qui laissera des traces dans le milieu, et sera en quelques sortes, un de ses représentants puisqu’il s’intéresse pleinement à préserver les cultures anciennes ou lointaines. C’est pourquoi on le qualifie tour à tour de marchand d’art, de collectionneur ou d’antiquaire.

Ainsi, le nouveau collectionneur ne se limite pas à la peinture. Il s’intéresse à tout objet ancien : par l’exemple, en image ci-dessous, un tissu. Mais on peut citer quelques-uns de ses nombreux dons ou ventes : carreaux « hispano-mauresques »26, une fontaine représentative des arts musulmans27, une paire d’étriers espagnol du 14ème siècle28, une grande gourde d’Anatolie (Turquie) du 16ème siècle29, des objets mérovingiens30, un encensoir désormais dans un musée31, et pour finir cet inventaire qui pourrait être beaucoup plus étoffé, découvrez les 17 objets vendus ou donnés, au musée du Louvre ! Ce grand musée indique d’ailleurs qu’il est décédé en 1910, erreur fréquente dans les notices du domaine de l’art, car il est en réalité décédé en 1914, à Mont-de-Marsan. Nous y reviendrons.

Source sur Gallica. Pour les plus curieux, vous verrez l’objet « 19 » notifié sur l’image.

Son amitié avec Camille Corot

Camille Lameyrie, de la revue L’Art a eu une petite correspondance avec Stanislas Baron, qui lui permet d’expliquer la rencontre avec Corot : « Ils avaient plusieurs amis communs à la table desquels ils se rencontraient assez fréquemment ; ils firent bien vite connaissance, l’amitié ne tarda pas à venir : de part et d’autre elle fut très franche, très sincère« .32 Corot est l’ami le plus proche de Baron parmi les artistes qu’il côtoie. Ils partagent une simplicité dans la vie et une même attention pour les plus démunis, inspirée de valeurs vincentiennes.

Source Wikipedia

Chez Corot : « En 1867, le succès était venu. Un jour qu’un flatteur lui disait :

  • Savez-vous que vous commencez à faire des jaloux ?
  • Bah ! répondit Corot. personne n’échappe à la jalousie. Moi-même, je suis jaloux d’un homme
  • Qui se nomme ?
  • Saint Vincent de Paul : celui-là a fait beaucoup de bien et il était très pauvre.« 33

Saint Vincent de Paul était la figure morale plus importante, aux yeux de Corot. Après avoir entendu les vertus de l’artiste, un curé affirme d’ailleurs lors d’une conversation, « Alors, c’est le Saint Vincent de Paul de la peinture ! », le mot était heureux et fit fortune. Corot lui-même souriait complaisamment de ce surnom, qui chatouillait agréablement sa bonhomie.« 34 Humble et discret, il fuyait les mondanités et préférait la nature. Il n’y avait donc pas tant que cela en distance, avec un négociant des Landes, d’autant que le père du peintre, était tout comme Stanislas Baron, négociant. Deux individus d’une bourgeoisie montante post-Révolution, mais la famille de Corot est plus aisée que celle de Baron. Mais la différence, bien qu’indéniable, est moins grande qu’on ne le pense et leur rapprochement moins surprenant qu’il n’y paraît.

Retour sur le séjour de 1872 à Mont-de-Marsan et Saint-Avit

Baron organise tout : l’hébergement, les visites, les contacts avec M. de Rivière. Le peintre voit Mont-de-Marsan à travers les yeux de son hôte. Cette période est bien racontée par Camille Leymarie, toujours grâce à la réponse à son courrier, de la part de Stanislas Baron :

« En 1872, tous deux partirent pour Mont-de-Marsan et vinrent s’installer chez la mère de M. Stanislas Baron, dans une vieille demeure35, dont, bien souvent, j’ai admiré la belle façade, d’un style un peu indécis – du Louis XVI qui avance ou du Louis XV qui retarde.
Corot resta une douzaine de jours à Mont-de-Marsan, il y fit deux belles études qu’il intitula :
Les Roseaux près de la gare de Mont-de-Marsan et Les laveuses de laine sur la Midouze »36.

Avec cet extrait, nous parvenons à un autre aspect des œuvres de l’artiste : les œuvres inconnues. Car l’un de ces deux tableaux n’est pas répertorié, sauf erreur de ma part, dans le catalogue raisonné du peintre. En effet, Les Roseaux près de la gare de Mont-de-Marsan semble être passé sous les radars d’Alfred Robaut. Rien d’inhabituel : Camille Corot a produit une grande quantité d’œuvres et les vendait souvent aux personnes qui passaient le voir ou qui le recevaient. Ceci dit, ce tableau a peut-être atterri entre les mains du collectionneur montois, car il est peut-être décrit dans le catalogue des tableaux de Stanislas Baron, réalisé pour la vente aux enchères de sa collection, en 1874, à Paris :37 « A gauche une rivière contourne une forêt dont on aperçoit les reflets dans l’eau profonde. Sur le devant, un homme dans une barque. A droite, de grands arbres sur un terrain parsemé de broussailles et de pierres« . Le doute demeure, je crois que nous sommes en présence de deux tableaux différents. Relevons en passant, qu’un batelier est présent sur la toile. Cela aurait-il un lien avec les origines de Stanislas Baron ? Probablement, oui, nous y reviendrons.

Pas de mystère pour Les laveuses de laine sur la Midouze, qui correspond au tableau nommé dans le catalogue raisonné sous le titre Les bords de la Midouze. Vue prise sous le pont du commerce . Ce qui est intéressant, c’est que le titre original du tableau est fourni par Stanislas Baron. Ce titre peut-être donné par le peintre lui-même, allie à la fois le paysage aux personnages tandis que le catalogue raisonné reste plus froid, centré sur l’aspect paysager et sur le lieu exact du point de vue. Autre élément que je note, c’est que souvent quand on est au niveau du pont du Commerce (pont des Droits de l’Homme, de nos jours), on a tendance à regarder de l’autre côté du pont, mais, délibérément, Camille Corot tourne le dos à l’évidence et comme par hasard, peint un lieu chargé de souvenirs pour son ami montois.

Camille Leymarie décrit ce tableau et l’explique historiquement et architecturalement38. Extrait, long, car riche d’informations :

« Mais je reviens à la Midouze : jusqu’au moment où fut achevée la ligne de Bordeaux à Tarbes, la Midouze ouvrit, seule, à Mont-de-Marsan le chemin de l’Océan ; elle faisait, de cette ville, l’entrepôt naturel, pour ainsi dire, des eaux-de-vie d’Armagnac, des bois et des résines des Landes, des blés et des vins du Béarn. Un des effets de cette situation fut la construction, du côté gauche de la rivière, en aval, d’énormes magasins solidement bâtis d’un moëllon coquillier, auquel le temps a donné une chaude patine. Ces bâtiments, élevés sans souci de la symétrie et des plans d’alignement, sont abandonnés depuis plus de quarante ans [article de 1893] ; ils ont la poésie des vieille masures dont toute vie s’est retirée.

Cadastre de 1845 (lien direct vers ce document sur le site des AD40). Position de l’artiste indiquée par la flèche. On voit clairement les bâtiments non alignés et la cale du commerce, qui servait bien entendu aux navires marchands.

Ces anciens magasins séparés par des « calles » grimpant rapidement vers la ville, bordant un large quai pavé – mais devenu si herbu qu’on y envoie paître les chèvres et les vaches du voisinage, ces anciens magasins qui commencent à se ruiner forment cependant des lignes solides qui donnent au site un très grand caractère dont Corot fut probablement frappé.
Les laveuses de laine étaient au premier plan, sur la rivière, à gauche l’ancien port, les quais, les entrepôts; au second plan un étang; les premières maisons du pittoresque quartier de Rigole; dans le lointain, les splendides platanes de la route de Bayonne, dans lesquels Alexandre Dumas salue les derniers beaux arbres de France. Un ciel bleu clair semé de nuages argentés éclairait tout le tableau de sa blonde lumière
. »

Ce tableau ci-dessus est en fait l’étude de l’artiste. Les études sont généralement plus fidèles à la réalité paysagère, tandis que les œuvres finales répondent d’avantage aux choix esthétiques du peintre. Et parfois elles répondent aussi aux désirs de ses amis ? Car devinez la différence principale entre l’étude et l’œuvre qui terminera entre les mains de son ami ? Le catalogue raisonné indique que l’œuvre finale est « une réplique de l’étude précédente (n°2080) faite par Corot pour M. S. Baron qui l’avait accompagné à Mont-de-Marsan. Ici, il y a un bateau au premier plan et les maisons de gauche ne sont pas accompagnées, comme dans l’étude d’après nature, par quelques petits arbres« . Possible que Stanislas Baron ait informé que dans sa jeunesse, les bateaux de son père naviguaient là, avant que le chemin de fer ne les fasse disparaître. Ci-dessous, une copie écran de ce tableau dans le catalogue raisonné et une vue actuelle depuis le dessus du pont, sous le même angle.


Source Google maps

Ce tableau est donc mis en vente par Stanislas Baron, avec l’ensemble de sa collection, en 1874. Voici un lien vers sa description. On peut trouver cela étonnant, car on aurait pu imaginer qu’il garde au moins ce tableau, si proche de sa vie et de ses souvenirs.

Une autre étude à Passiance

Grâce à Alfred Robaut, gendre d’un ami proche du peintre et auteur du catalogue raisonné, nous savons qu’une autre étude fut réalisée à Passiance. Malheureusement, n’est accessible aujourd’hui qu’un croquis dessiné par Robaut lui-même. Il précise que cette étude fut faite « presque au même endroit que le n°2077« , que vous avez pu voir en tout début d’article. Voici le croquis ci-dessous :

Croquis d’une autre étude, faite à Passiance

Serait-ce le tableau laissé au châtelain de Passiance ? Ce bâtiment existe-t-il encore de nos jours ?

D’autres tableaux mystèrieux

En dehors de la ville, mais toujours au sujet de la Midouze, Corot réalise un tableau intitulé « Souvenir de la Midouze aux environs de Mont-de-Marsan« , mais on ne peut l’observer qu’à partir du catalogue raisonné :

Source sur Gallica (tableau 2082)

Il sera difficile, à partir de cette reproduction, d’identifier le secteur mais peut-être que d’autres sources le permettent.

Pour la prochaine énigme, cette fois, cela part d’une information qui pose questions. Le Journal des Landes du 4 juin 1905 signale à ses lecteurs la vente à Paris de la collection de tableaux du baron Blanquet, parmi laquelle figure Vue de Mont-de-Marsan, de Corot. Il est indiqué que l’œuvre aurait été peinte vers 1860, lors d’un déplacement pour voir M. de Rivière. L’information comporte sans doute des approximations, mais retenons ceci : « Des Montois se rappellent l’avoir vu devant son chevalet, sur le pont de la Pépinière, prendre la vue de la Douze, qui coule au milieu d’un berceau de verdure de la passerelle de la préfecture à ce pont. » A défaut de pouvoir trouver un jour cette toile, nous disposons de la description du secteur à l’époque ! Et en plus, la pépinière sera de nouveau citée plus tard…

Dernière information qui échappe au catalogue raisonné de Robaut, un autre croquis est mentionné par Camille Leymarie : « Corot fit encore un croquis d’un très beau site, une vue prise sur la charmante petite rivière le Midou, entre le pont du collège [lycée dans la version dans Le Républicain landais] et celui de la Porte-Campet« 39. Il avait pour projet de le retravailler et de le finaliser mais il n’en eut pas le temps : la maladie survint rapidement après son voyage.

Si ces tableaux existent, c’est grâce, bien entendu, à Camille Corot, mais aussi à l’amitié et à l’engagement de Stanislas Baron. Ces œuvres restent difficiles d’accès : certaines sont dans des musées, la plupart dans des collections privées. Mais grâce à la passion de Stanislas Baron, elles font partie de son héritage et on peut penser, sans exagérer, qu’il a grandement participé aux lieux choisis, et même à certains motifs présents sur les toiles.

La fin de vie des deux amis

Camille Corot a déjà 76 ans lors de ce voyage qui restera gravé dans les mémoires et il apprend, peu de temps après, qu’il est atteint d’un cancer. Il résiste contre cette maladie, jusqu’à sa mort, en février 1875. Dans cet intervalle, avant que ses forces ne le quittent, il exprimait le désir de retourner dans les Landes. Camille Leymarie précise même que Corot parlait, quelques jours avant sa mort, d’un tableau qu’il avait en projet depuis son passage dans les Landes. Cette information vient de Stanislas Baron qui fut parmi les proches à venir dire un au revoir au maître quelques jours avant son décès40. Le peintre avait été véritablement charmé par son passage à Mont-de-Marsan et à Saint-Avit. Comme l’écrit Stanislas Baron au journaliste :

« Les Landes le séduisirent moins [que le Pays Basque], il les trouvaient trop monotones, il n’aimait que Mont-de-Marsan ; il disait que de tous côtés, près de ses deux rivières, on trouvait des motifs admirables, des tableaux tout faits ; mais ce qui l’enthousiasmait surtout, c’était le ciel, si fin, si clair, si beau. Ce ciel, il était malheureux de ne pas l’avoir connu plus tôt. A sa rentrée à Paris, il en parlait à ses amis, avec exaltation, et il ajoutait que bientôt il étonnerait le monde (c’était son mot de prédilection) par les tableaux qu’il irait faire à Mont-de-Marsan« .

C’est flatteur venant d’un peintre avec autant d’expérience de paysages, qui a beaucoup voyagé. Mont-de-Marsan a vraiment été un choc émotionnel, à la fois humain et esthétique. Et son émotion est bien liée à son voyage car Saint-Avit n’est pas passée en second plan, bien au contraire. Le journaliste met cette note de bas de page :

« Corot était particulièrement lié avec M. Anatole de Rivière, que M. Stanislas Baron lui avait fait connaître. Au moment où cet article va être mis sous presse, je reçois de très intéressants détails sur le séjour du grand maître au château de Patience; j’en ferai part aux lecteurs de l’Art ». (article du 5 février 1893, de Camille Lameyrie).

J’ai bien entendu cherché dans les publications de l’Art41, mais malheureusement, il semble que Camille Leymarie n’ait pas publié la suite promise.

Si le célèbre artiste disparaît en 1875, la vie de Stanislas Baron est encore longue, plus calme semble-t-il. Le collectionneur revient à Mont-de-Marsan, pour y finir ses jours. Mais avant ce retour, il vit un moment douloureux : le décès de sa mère, en 189342. Le Journal des Landes note : « Notre sympathique compatriote, M. Stanislas Baron, vient d’être cruellement éprouvé. Sa mère, Mme Baron, née Laburthe, est décédée lundi à Mont-de-Marsan, à la suite d’une courte maladie, à l’âge de 92 ans. Prévenu à Paris par un télégramme, M. Stanislas Baron a tout quitté pour venir donner ses soins à sa vieille mère, qu’il affectionnait par dessus tout. »43 Ce lien si fort, on l’imaginait avec leur histoire familiale : la perte du petit frère et du père très tôt, et des décennies passées sous le même toit. Et c’est disparition confirme que le lien était fusionnel.

Les mentions dans la presse locale deviennent plus rares avec l’âge. On retrouve Stanislas Baron qui fête ses 84 ans en 1908 (il y est décrit comme pieux et charitable44). Dans les archives, on le voit au recensement de 1911, rue de la Gare45. Il décède 3 ans plus tard, à l’âge de 90 ans46. Voici sa pierre tombale :

Source : Généanet

Sa nécrologie, dans Le Républicain landais du 8 novembre 191447 rappelle sa fortune, sa philanthropie, son goût pour l’art et note qu’aujourd’hui il est « quelque peu oublié« . Elle rappelle aussi son amitié avec Corot, qui serait passé plusieurs fois dans les Landes : « C’est au cours de ces visites que Corot, charmé par les ombrages de notre belle pépinière, reproduisit quelques vues de ce jardin, en des tableaux remarquables« . Cette mention des pépinières confirme l’existence d’un des tableaux déjà évoqué précédemment, ou en tout cas sa présence dans ce secteur de Mont-de-Marsan. Par contre, cela soulève une véritable contradiction : comme on a pu le lire, il est dit à la fois que le peintre regrette de ne pas avoir découvert le ciel de Mont-de-Marsan plus tôt (cela en 1872) et d’autres fois, qu’il serait passé plusieurs fois dans les Landes. Pour ma part, d’après les sources, je penche pour la première hypothèse.

Le décès de Stanislas Baron démarre un héritage savamment orchestré par l’intéressé, qui le sortira du relatif oubli dans lequel il était.

Son héritage à la ville de Mont-de-Marsan

Son don le plus important va à l’hospice de la ville, comme vous l’aviez compris avec sa pierre tombale, au point que la séance du conseil municipal du 23 novembre 1914 s’est penchée sur la question48. Pas étonnant, car on apprend peu après qu’il a « constitué comme légataire général et universel l’hospice Saint-Vincent-de-Paul » de Mont-de-Marsan49, le conseil municipal décide alors de renommer la place des Arènes, par le nom du philanthrope50. Le montant s’élève à plus de 500 000 francs51, ce qui équivaut à environ 2 millions d’euros de nos jours. Pour la petite histoire, une partie du leg à l’hospice finira, en 1929, par servir de terrain, pour une maison de tolérance, cela a été rendu possible car ce « terrain situé place des Arènes a été vendu et revendu par parcelles« 52.

Notons qu’il y avait déjà un boulevard « Stanislas Baron », dès 187653, peut-être en lien avec son activité pour le pain ou son investissement dans les fêtes de la Madeleine ? Ou plus probablement, en lien avec des dons de terrains à la ville, dons qu’on peut croiser régulièrement dans les journaux.

En plus de ce don principal, le collectionneur montois tenait encore à laisser une trace dans le temps, à l’échelle humaine, avec la mise en place d’une rosière. C’est une tradition qui récompense une jeune femme particulièrement vertueuse54, chaque année : « Notre ville n’avait pas, jusqu’à l’heure, eu de rosières. Grâce à la générosité d’un de nos concitoyens, M. Stanislas Baron, décédé l’année dernière, cette lacune est comblée. Par un testament de 1903, ce philanthrope laissait sa fortune à l’hospice, à la charge par cet établissement de servir divers legs […] dont la rente devait être employée chaque année à doter une ouvrière montoise, âgée de 25 ans ou plus, née à Mont-de-Marsan, et habitant cette ville depuis cinq années consécutives au jour de son élection au moins. »55 La rosière du philanthrope recevait 1000F, équivalent d’un an de revenu pour un ouvrier de l’époque. L’une d’elles fut Paulette Canguilhem56, sœur de « Cel le gaucher »57.

Enfin, après ces legs publics, le marchand d’art a aussi donné à des proches, par exemple pour une certaine Mme Ferdinande Madonne58.

La place Stanislas Baron, très proche des arènes de Mont-de-Marsan (source Google Maps) :

Ce que tout cela nous révèle de Stanislas Baron et de son ami Camille Corot

Les deux hommes, comme on l’a dit, sont issus de la bourgeoisie, plus élevée du côté du peintre parisien que du collectionneur montois. Mais tous deux se tiennent à l’écart des mondanités. Stanislas Baron, par exemple, aime les fêtes populaires comme celles de la Madeleine, au point de participer à leur organisation. Il a les pieds bien ancrés, avec un profond attachement à sa famille (sa mère, qui l’a élevé !) et à sa ville.

Leur relation reposait sur une estime mutuelle, non sur des intérêts particuliers. Et cela en toute simplicité : qu’il s’agisse d’un paysage, d’un repas entre amis (et avec un bon vin ?!). Ce qui compte, c’est ce qu’ils font, non ce qu’ils paraissent. Corot le dit à sa manière, en parlant des peintres :

« Que, dans la rue, on confonde notre personne avec celle du marchand de vin du coin ou du charbonnier d’à côté, rien de mieux. Mais il faut que, dans nos ouvrages, on nous reconnaisse et qu’on nous distingue du voisin au premier coup d’oeil« 59.

Finalement, il pouvait être vêtu comme son ami sans que cela le gêne : il ne ressentait ni l’envie ni le besoin de s’en distinguer par les vêtements. Ce n’était pas un théoricien non plus (autre point commun avec son ami d’ailleurs) mais un homme d’action, soucieux de laisser une trace par ces actes.

On sait que Camille Corot se disait républicain – d’une tendance sensible et individuelle, non révolutionnaire. Il se méfiait des « groupes » et autres mouvements, préférant les actes personnels : ses tableaux, qui apportaient du bonheur esthétique et financier autour de lui. Je pense que Stanislas Baron était lui aussi républicain, mais dans une veine plus entreprenante, plus organisatrice. Il incarne la transition entre l’ancien monde des commerçants locaux et la modernité bourgeoise du collectionneur éclairé. Persévérant, son ascension repose sur le travail et la curiosité mais aussi sur le partage et la sauvegarde du patrimoine.

Un autre point commun, déjà abondamment évoqué, est leur générosité toute vincentienne. Pour Corot, on peut encore citer ses dons à la crèche de la rue Vandrezanne – qui devint la crèche de Corot60 – ou encore son affection pour une sœur de la charité qui venait le voir61. Cette charité n’était pas vaine : elle faisait la différence. Qu’il s’agisse des malades de l’hospice, de l’accès au pain pour les plus pauvres ou sa collection, Stanislas Baron privilégiait les actions concrètes pour faire le bien et contribuer à l’histoire de Mont-de-Marsan, à son ouverture culturelle et matérielle.

Et si ce texte n’était qu’une étude, comme l’entendait Corot ? Il est possible que des spécialistes puissent donner des précisions, des rectifications ! N’hésitez-pas à signaler toute information, qui sera partagée et la source citée.
En tout cas, cela donne envie de mieux connaître l’histoire derrière les noms de rues… Partagez l’histoire d’une des rues de votre ville, qu’elle soit de Mont-de-Marsan ou dans les Landes. Pour les Montois, vous pouvez piocher dans le livre d’Alain Lafourcade, Mont-de-Marsan, la ville aux 1000 rues !

Notes :

  1. Etiquette exagérée, comme l’indique Gérard de Wallens, spécialiste de Camille Corot (ici). ↩︎
  2. On trouve aisément la généalogie de ce M. de Rivière, je vous laisse chercher ! ↩︎
  3. Il s’agit du siège de Paris qui a lieu de septembre 1870 à janvier 1871, siège réalisé par les troupes prussiennes pendant la guerre franco-prussienne. « Pendant le siège, les deux amis « partagèrent leurs faibles provisions de bouche«  ». Le journaliste reprend là les mots de Stanislas Baron, dans le Républicain landais du 5 février 1893 (ici). ↩︎
  4. Alfred Robaut, L’oeuvre de Corot : catalogue raisonné et illustré, p.272 : ici. ↩︎
  5. Société des sciences, lettres & arts de Bayonne (ici). ↩︎
  6. Acte aux AD ↩︎
  7. Source le mariage de ses parents en 1823. ↩︎
  8. Journal des Landes (1833) : ici. ↩︎
  9. Naissance le 28/02/1827, décès le 26/08/1828. ↩︎
  10. Il n’a qu’une trentaine d’année et est qualifié de « préposé aux transports ». Décès le 20/05/1830. ↩︎
  11. Voici le recensement de 1821 à la rue batelière ↩︎
  12. Lien direct ici. ↩︎
  13. Elle décèdera en décembre 1850 (voir ici). ↩︎
  14. Celui de 1846 ici, et celui de 1851 ici. ↩︎
  15. Recensement de 1856. ↩︎
  16. Celui de 1861. ↩︎
  17. Journal des Landes, 20 mai 1855 ici. ↩︎
  18. Une des dénominations du cépage « Folle blanche ». ↩︎
  19. Journal des Landes, 25 décembre 1856 ici. ↩︎
  20. Journal des Landes, 1er février 1857 ici + la trace de son investissement dans le Bulletin des lois de La République française ici ↩︎
  21. Journal des Landes, 4 avril 1858 ici. ↩︎
  22. Le Républicain landais, 5 février 1893 ici. ↩︎
  23. Corot explique qu’il ne se mariera pour se livrer entièrement au but de sa vie, « faire des paysages« . ↩︎
  24. Le travail le plus précis à ce sujet, que j’ai pu lire en tout cas, de la journaliste Yolaine de La Bigne (qui n’est pas de la famille de Valtesse) indique qu’ils se sont connus quand Valtesse était toute jeune. Rien de plus. Ils étaient du même secteur. Lire : ici. ↩︎
  25. Blog Adopte un collectionneur ici. ↩︎
  26. Manufacture nationale de Sèvres. Catalogue du musée céramique (ici) et aussi dans le Journal des Landes du 9 février 1887 (ici). ↩︎
  27. Exposition des Arts Musulmans (ici). ↩︎
  28. Exposition des Arts Musulmans (ici). ↩︎
  29. Exposition des Arts Musulmans (ici). ↩︎
  30. Les collections d’objets d’art du Moyen-Age et de la Renaissance (ici, sur JSTOR, il faut créer un compte gratuit pour avoir accès). ↩︎
  31. Un inventaire en PDF du musée en question ↩︎
  32. Source ici (repris aussi par Le Républicain landais, 5 février 1893 : ici). ↩︎
  33. Journal des Landes 16 juin 1895 (ici). ↩︎
  34. L’œuvre de Corot, p.140 (ici). ↩︎
  35. Elle vit toujours rue Batelière, en 1872 (seule) : source recensement de 1872. ↩︎
  36. Revue L’Art (lien général) (ici). ↩︎
  37. Catalogue de tableaux composant la collection Stanislas Baron (ici). ↩︎
  38. Revue L’Art, p. 75 ici. ↩︎
  39. Revue L’Art, p. 75 ici. ↩︎
  40. Histoire de Corot et de ses œuvres, p.352 ici ↩︎
  41. Voici la revue L’Art sur Gallica : ici. ↩︎
  42. Acte aux AD. ↩︎
  43. Journal des Landes, 19 avril 1893 (ici). ↩︎
  44. Journal des Landes, 24 mai 1908 (ici). ↩︎
  45. Lien direct vers l’acte : ici. ↩︎
  46. Acte aux AD. ↩︎
  47. Le Républicain landais, du 8 novembre 1914 (ici). ↩︎
  48. Le Républicain landais, 6 décembre 1914 ici. ↩︎
  49. Le Républicain landais, 3 décembre 1914 (ici). ↩︎
  50. Le Républicain landais, 3 décembre 1914 (ici) ↩︎
  51. Le Républicain landais, 6 décembre 1914 (ici) ↩︎
  52. Le Républicain landais, 10 août 1929 (ici). ↩︎
  53. Le Républicain landais 7 janvier 1876 (ici). ↩︎
  54. Voir sur la page Wikipedia : Rosière. ↩︎
  55. Le Républicain landais, 10 septembre 1916 (ici). ↩︎
  56. Le Républicain landais, 22 décembre 1923 (ici). ↩︎
  57. Sa page Wikipedia ici. ↩︎
  58. Le Républicain landais, 6 janvier 1923 (ici). ↩︎
  59. L’oeuvre de Corot, p. 320-321 (sur Internet Archives en PDF). ↩︎
  60. L’oeuvre de Corot, p. 296 (sur Internet Archives en PDF). ↩︎
  61. L’oeuvre de Corot, p. 296 (sur Internet Archives en PDF). ↩︎

Autres informations diverses au sujet de Stanislas Baron :

Soutenez Généalandogie sur Tipeee, site bien connu pour le financement participatif !

Laisser un commentaire