Pourquoi l’abbé Ducasse a hanté Commensacq : genèse sociale d’un fantôme

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Philippe Mora

Cet article devait s’inscrire dans la continuité de la série Croyances et légendes landaises avec quelques éléments issus de Sorcières et Loups-Garous dans les Landes de Vincent Foix, accompagnés d’illustrations. C’était oublier le fantôme de l’abbé Ducasse, qui est venu hanter le texte. C’est précisément ce que j’espérais en entreprenant le recensement des personnes citées par Vincent Foix : mieux les connaître pour déplacer le regard porté sur les légendes.

Ainsi, à partir d’une simple mention folklorique, celle d’un fantôme associé aux candèlas, l’enquête m’a conduit bien au-delà des feux follets, jusqu’à la reconstitution d’un itinéraire humain, social et symbolique. Car derrière la légende se dessine un homme bien réel, pris dans les tensions d’une commune, d’une époque et d’un territoire. Pourquoi, dans ces Landes du XIXe siècle, un homme qui n’a pas fait de crime ni de scandale, a-t-il pu devenir un fantôme ?

Les candèlas à Commensacq : le cadre folklorique

« Les Candèles ou feux follets qui voltigent sur les eaux ou qui s’attachent et se cramponnent aux cornes des bœufs pour les tourmenter pendant la nuit… » (p.13).

Ainsi débute la présentation des candèles par Vincent Foix. Ces manifestations apparaissent dans les marécages ou les cimetières, le plus souvent lors des fortes chaleurs estivales. Les candèles, ou candèlas, terme dérivé de « candela », la bougie, sont donc des feux follets facétieux, solidement ancrés dans l’imaginaire landais.

L’abbé Foix rapporte brièvement qu’à Commensacq, certaines candèlas furent assimilées au fantôme de l’abbé Ducasse. Comment ce phénomène a-t-il été rattaché à cet individu ?

Le fantôme nommé : l’abbé Ducasse dans la monographie paroissiale

La réponse se trouve dans la monographie paroissiale de Commensacq1, rédigée entre 1886 et 1889, qui consacre un passage entier à cette apparition. En voici la retranscription, respectant la graphie et la syntaxe d’origine :

« Apparition des morts : ce qui favorise énormément la croyance sur les revenants c’est l’interprétation qu’on donne aux bruits nocturnes et aux globes de feu qui apparaissent dans les cimetières surtout pendant les chaleurs de l’été. Qui sait toutes les histoires qu’on fabrique à l’endroit de ces globes ! On montre encore aujourd’hui non loin du bourg au nord de celui-ci un chemin public très fréquenté à côté d’un marais infect qui fut abandonné parce qu’on n’osait plus y passer à cause d’une apparition très fréquente ; c’était l’abbé Ducasse, curé de Commensacq, décédé en 1822 et inhumé dans le cimetière de cette paroisse ; il apparaissait à tous les passants en surplis et en étole ; et ce qui confirmait la réalité de cette apparition était le feu qui s’élevait du milieu de ce marais. On aurait facilement les mêmes prédispositions pour tout homme qui aurait joué un certain rôle dans la commune ou dans la paroisse…« 

L’auteur de cette monographie2 formule ici une intuition juste : l’imaginaire collectif façonne volontiers des fantômes à partir de figures marquantes, ambiguës ou controversées. Or, l’abbé Ducasse, comme on va le voir, n’a laissé personne indifférent à Commensacq.

Jean-Pierre Ducasse (1764-1823) : l’homme derrière le fantôme

J’ai commencé par retrouver son acte de décès. Contrairement à ce qu’indique la monographie, et dans son sillage, Vincent Foix, l’abbé est décédé le 15 juin 1823, non en 1822. Cet acte est aussi l’occasion d’identifier son prénom : Jean-Pierre. Il y est indiqué qu’il a alors 52 ans mais cette donnée est erronée, comme nous le verrons. L’acte ne mentionne pas ses parents, ce qui complique la recherche. Cette lacune n’est toutefois pas exceptionnelle à l’époque et ne doit pas être interprétée comme une volonté d’effacement.

Face à la difficulté de trouver son acte de naissance, j’ai alors sollicité Philippe Soussieux, auteur d’un ouvrage à paraître, Prêtres du diocèse d’Aire et de Dax, qui recensera plus de 1900 religieux ayant exercé dans les Landes aux XIXe et et XXe siècles. Ce sera au passage, l’occasion de retrouver des frères de vos ancêtres dont vous n’auriez aucune idée de leur devenir ou de retrouver d’autres abbés cités dans Sorcières et Loups-Garous dans les Landes… Mais revenons à Jean-Pierre Ducasse. Philippe Soussieux m’apprend qu’il n’est pas originaire des Landes, mais des Hautes-Pyrénées. Il est né à Sarrancolin le 17 mars 1764 (voici l’acte), fils de Jean-Marie Ducasse, maître chirurgien et d’Elisabeth Sarrat. Il venait donc d’une commune située à plus de cent kilomètres de Commensacq, qui plus est, d’un autre diocèse. Une situation peu fréquente, mais explicable par le manque de prêtres dans les zones rurales.

Lorsqu’il arrive à Commensacq, en 1821 (ici), il a déjà 57 ans. Cet âge avancé n’est pas synonyme de sagesse institutionnelle, au contraire, c’est un homme affranchi, original, peu soucieux des cadres, ce qui ne tarde pas à irriter le conseil municipal.

L’abbé Ducasse dans les délibérations municipales de Commensacq

Arrivé en 1821, décédé en 1823, il n’aura vécu qu’environ 2 ans parmi les habitants de Commensacq. C’est surtout après sa mort que les tensions s’expriment pleinement, et que le conseil municipal semble vouloir régler ses comptes, en faisant de lui le bouc émissaire d’une situation financière difficile, pourtant ancienne.

Lors d’une session de mai 1823, quelques semaines avant son décès, le conseil municipal constate « que le four et la charpente qui le couvre étant tombés de vétusté, doivent être refaits à neuf et placés de manière à pouvoir servir à l’usage commun du prêtre et de l’instituteur communal ». Et encore, je ne note pas tous les soucis du bâtiment ni les vandalismes, vous pourrez vous référer à la source. Les conditions d’exercice du prêtre et de l’instituteur sont plus que rudimentaires. Mais après le décès de l’abbé, le ton change sensiblement.

Après son décès : il devient un bouc émissaire

Lors de la séance extraordinaire du 14 septembre 1823, la municipalité souhaite intenter un procès :

« Délibération qui autorise le maire à intenter un procès aux héritiers de f. [feu] M. Ducasse pour obtenir le payment de [66F et 60 centimes] pour le dommage que le dt [le dit] Ducasse prêtre a laissé commettre au presbytère pendant qu’il l’a occupé« .

Il lui est même reproché des détériorations qu’il n’a manifestement pas commises lui-même, comme s’il en avait été le complice. La tentative échoue toutefois rapidement, puisque « cette délibération n’a pas été approuvée par M. le préfet qui a conseillé de renoncer à cette prétention« . Il a fallu une rationalisation externe à la commune, cette dernière ayant du mal à gérer l’héritage de l’abbé.

On perçoit ici une émotion disproportionnée par rapport à l’enjeu financier réel. Le montant réclamé est modeste au regard des travaux déjà signalés en mai. Le refus du préfet apparaît comme une décision de bon sens, d’autant que plusieurs facteurs se mêlent : finances communales, caractère de l’abbé et arrivée d’un successeur exigeant.

Les 66 F et 60 centimes sont évalués par deux charpentiers locaux, Eylies et Cazade . Ils sont « commis par nous pour visiter la maison presbytérale et ses dépendances qu’habitait et où est décédé M. Ducasse, prêtre desservant de cette commune, et d’estimer et apprécier les réparations à faire qui proviendraient du défaut de soin et de la négligence du dit Sieur Ducasse lesquels Eylies et Cazade après la dite visite nous ont fait le rapport suivant ». Pour résumer, l’abbé ne s’est occupé ni de l’extérieur (clôture, jardin) ni de l’intérieur, avec notamment un carrelage de la cuisine totalement brisé. Mais tout n’est pas imputable à Jean-Pierre Ducasse, comme on le sait avec les délibérations antérieures mais aussi ultérieures, comme on va le voir.

Le rééquilibrage : la délibération de Noël 2023

La séance extraordinaire du 25 décembre 1823 (ici) apporte un éclairage nettement plus nuancé. Elle reconnaît que la maison presbytérale, dite du Guignon (sauf erreur de lecture), achetée en 1812, était déjà vétuste dès l’origine : « les prêtres qui l’ont habitée depuis se plaignaient de son enfoncement de son insalubrité, de l’état de gêne dans lequel ils s’y trouvaient et demandaient qu’on en renouvelât les planchers (…) la charpente qui menaçait ruine et qu’on y ajoutât une grange et écurie« . Plus loin le texte précise : « Que dans cet état des choses Mr Ducasse desservant de cette commune y décéda le 15 juin dernier ». Cette formulation suggère presque une forme de culpabilité collective, ou du moins une prise de conscience tardive.

Avant l’abbé Ducasse, seuls deux autres prêtres avaient occupé la maison du Guignon. L’abbé Badie, après un procès avec M. Castaignède, « l’homme le plus influent du pays« , dû quitter le village en 1816. Son successeur ne resta que deux ans et partit en 1818. La maison resta inoccupée jusqu’en 1821, ce qui a sans doute aggravé sa dégradation. Mais cette situation était propice à l’arrivée d’un prêtre original : les habitants étaient prêts à supporter un prêtre différent car il était bien difficile d’en avoir un plus traditionnel dans ces conditions.

Vers la gauche, la croix du presbytère (cadastre napoléonien XIXe siècle, permalien vers les archives).

On voit bien, avec la délibération du mois de mai qui tirait déjà la sonnette d’alarme, et cette délibération de Noël, que la vétusté et certains points pourtant reprochés à l’abbé en septembre, n’auraient pas dû lui être attribués.

L’état de la maison était si mauvais que son successeur, M. Duvigneau, refusa de s’y installer et a menacé de partir dans une autre paroisse car l’habitation est « en très mauvais état, obscure et placée dans un enfoncement qui la faisait présumer insalubre, il annonça aux habitant qu’il allait demander à Mgr l’Evêque de le transférer ailleurs ».

Une solution sera finalement trouvée, rapidement, pour le loger dans de bonnes conditions.

Un homme apprécié malgré ses manquements

Même si la municipalité a, sous le coup de l’émotion et du contexte, imputé de nombreuses dégradations à Jean-Pierre Ducasse, la délibération de Noël revient plus posément sur les faits. Elle lui reproche toutefois un réel manque de soin pour les affaires sacrées : « Considérant que les habitudes et les singularités attribuées à feu M. Ducasse desservant de cette commune étaient à la connaissance du public particulièrement à celle des membres du conseil municipal et qu’elles sont la cause réelle de la pourriture du déchirement et de la déperdition presque totale des ornements et du linge qui étaient dans la sacristie et sur l’autel.« 

Cette phrase laisse entendre que ces singularités étaient connues et largement tolérées par la population, mais beaucoup moins par le conseil municipal. Ce n’est donc pas la pression populaire qui a conduit aux critiques, mais bien l’initiative des autorités locales.

Avec ces délibérations, il me semble retrouver là un schéma classique de l’époque : il y a des difficultés financières pour réhabiliter un bâtiment public, on s’attaque à un homme, il y a un certain scandale, puis l’analyse est plus raisonnable, la résolution arrive et l’émotion redescend.

Mais finalement, qui était Jean-Pierre Ducasse ?!

Pour cela, je reviens à la monographie de Commensacq car le religieux qui l’a rédigée nous donne de précieuses anecdotes sur notre abbé :

« L’abbé Ducasse, dit on, ne prêchait que lorsqu’il faisait faire la première communion ; mais le peuple ajoute avec plaisir et complaisance que dans cette circonstance il aurait fait pleurer les rochers » (ici).

Ce témoignage confirme ce que suggéraient déjà les archives municipales : les villageois appréciaient son éloquence, même si son comportement ne correspondait pas aux attentes de l’institutionnelles.

Les anecdotes suivantes, souvent interprétées comme des preuves de faiblesse d’esprit, peuvent aussi se lire autrement :

« On ne trouve pas un seul papier signé de lui, cela n’étonne pas ceux qui l’ont connu ; toutes les anecdotes qu’on raconte de cet éclésiastique dénotent une tête extrêmement faible ; il suffit que j’en raconte une pour le faire connaître : il faisait en même temps le service de Trensacq ; quoiqu’il arrivât toujours très tard dans cette paroisse pour dire la première messe, au lieu de s’en aller directement à l’église il passait outre et en dehors du bourg il allait se placer sur une petite hauteur qui dominait un immense désert et là on le voyait les bras étendus et on l’entendait s’écrier : Oh quel beau pays ! et pour le tirer de là, il fallait l’avertir que tout le monde l’attendait à l’église ; mais en se retirant à une heure indue il perdait de vue qu’il avait une seconde messe à dire. chaque dimanche on devait faire près de quatre kilomètres pour aller à sa rencontre. On le trouvait sur le bord de la Leyre assis au milieu des sables blancs, les pieds enfoncées dans ces sables, puis il les retirait avec précaution, et si le sable ne tombait pas, il riait de toutes ses forces en disant qu’il avait fait un four ». (ici)

L’homme était un original, mais pas un écervelé. Il était attaché aux choses terrestres, dévalorisées par les religieux de l’époque qui souhaitent amener leurs paroissiens à s’élever. L’abbé Ducasse est en phase avec une religiosité incarnée et paysanne. Lorsqu’il s’arrête face « au désert landais » pour s’écrier « Oh quel beau pays ! », il ne se moque pas. En déclarant cela, à un moment où il savait qu’il était entendu, il ramenait les paroissiens à leur vie terrestre et leur montrait que ce n’était pas un désert landais mais un beau pays. Il redonne ainsi une dignité à des terres jugées ingrates, des déserts repoussants, des « marais infects » pour reprendre des mots plus haut…

La seconde anecdote, avec ses pieds dans le sable, renvoie encore aux choses simples de la vie et de la terre landaise. Et souvenez-vous, un des grandes problèmes de son habitat, c’était le four qui menaçait ruine. Envoyait-il ainsi un message au conseil municipal lorsqu’il disait qu’il avait créé un four avec ses pieds sortis du sable ? En tout cas, en jouant avec le sable de la Leyre, il célèbre une relation sensible et joyeuse au monde, bien éloignée de l’ascèse attendue d’une église qui se normalise.

Comme on l’a vu, Jean-Pierre Ducasse officiait également à Trensacq, ce qui lui permettait de demeurer au bord de la Leyre, autre lieu qu’il affectionnait particulièrement. Les délibérations de la commune de Trensacq actuellement disponibles ne commencent qu’une dizaine d’années après son décès : il n’y apparaît aucune trace de son passage, à moins que son fantôme ait posé problème des décennies plus tard ?

La Leyre au niveau de Commensacq… (source)

On aurait pu trouver une trace de lui dans la monographie paroissiale qui répertorie, comme le font traditionnellement ces documents, les curés ayant officiés dans la commune, mais il est sciemment oublié. Cet effacement progressif de l’homme ne pouvait que laisser place à une autre forme de présence.

Pourquoi un fantôme ? Hypothèse de la formation de la légende

L’abbé Ducasse avait l’oreille d’une bonne partie de la population, exaspérait le conseil municipal, ne rentrait pas dans le moule ecclésiastique, et disparut soudainement d’apoplexie (ici). Du jour au lendemain, Commensacq dut se trouver un nouvel abbé, faire face à la décrépitude avancée du presbytère et à un successeur qui refusa de s’y installer tant il était délabré. Il devint alors commode de faire porter la responsabilité de cette situation à Jean-Pierre Ducasse. Les anecdotes transmises de génération en génération, ouvertes à de multiples interprétations, complétèrent le terrain propice à la naissance d’un mythe, et plus précisément, d’un fantôme !

Et quel fantôme ? Que ce soit par les critiques des édiles communaux ou, très probablement plus subtilement par les sermons de son successeur, la figure de l’abbé Ducasse est progressivement disqualifiée. Son fantôme est inquiétant : il fait peur, détourne les passants et repousse. Le marais redevient « un marais infect« . La légende simplifie et referme le jugement : elle transforme une figure singulière et ambiguë en un contre-modèle implicite. En ce sens, le fantôme trahit l’homme, il n’incarne pas la complexité de Jean-Pierre Ducasse mais sert les valeurs de ses opposants. Toutefois, il continue aussi à alimenter les récits et les débats des villageois de Commensacq et des alentours.

De fait, ce fantôme est bien « réel » en ce sens qu’il renvoie à un véritable questionnement social propre à l’époque. La monographie de Trensacq livre d’ailleurs un constat éclairant sur les croyances du courant du XIXe siècle : « les anciens avec ces idées au surnaturel pratiquent mieux la religion que ces nouvelles couches qui ne croient plus à rien, ni à Dieu, ni au diable… » (ici), accords entre légendes, pratiques religieuses et représentations du monde. Le fantôme de l’abbé naît dans cette culture et s’estompe avec elle…

A cette question d’époque s’ajoute celle du territoire, que l’abbé aimait tel qu’il était. Nous avons croisé plus haut la route de Trensacq, à l’est de Commensacq, mais n’oublions pas, à l’ouest, Labouheyre, village qui a nourri l’imaginaire de Félix Arnaudin, cet homme qui a préservé la mémoire de la Haute Lande et aimé ces paysages alors même qu’ils disparaissaient sous la forêt. Ses photographies auraient sans doute plu à l’abbé.

Photo prise par Félix Arnaudin, à Commensacq (voir source)

Le parallèle avec Félix Arnaudin permet de mieux saisir ce mécanisme. Lui aussi fut perçu comme un original, voire un simplet. Lui aussi aimait les Landes, justement celles qu’avaient aimées l’abbé quelques décennies plus tôt. Mais au lieu de devenir un fantôme, il devint l’un des acteurs mémoriels les plus puissants de son temps, en laissant des traces tangibles : écrits, photographies, classements. Là où Arnaudin fixa la mémoire, l’abbé Ducasse resta dans le vécu, l’oralité, l’émotion. Sa mémoire fut ainsi plus vulnérable et en partie trahie par son époque et par les usages collectifs du souvenir. Cette différence tient aussi, comme on l’a dit, à un changement de représentation du monde : la diminution progressive de la superstition et de la religiosité modifia profondément les formes de transmission et de légitimation de la mémoire. Les personnalités aussi, jouent un rôle, entre un Jean-Pierre Ducasse difficile à cerner, inorganisé, éloquent et un Félix Arnaudin discret et méticuleux.

L’abbé Ducasse n’est donc pas devenu un fantôme en raison d’un manquement précis ou d’un événement exceptionnel, mais parce qu’il occupait une position fondamentalement ambiguë au sein de la communauté. Son fantôme apparaît alors comme une forme de présence persistante, nourrie par la mémoire populaire, les tensions sociales et le paysage lui-même. Il permet de maintenir vivant ce que le village n’a jamais su trancher de son vivant. Mais ce fantôme, loin de lui être fidèle, sert un ordre social et moral qu’il n’incarnait pas. Comble de la trahison, les candèlas, qui symbolisent cette présence inquiétante, surgissent justement de ce « beau pays » qu’il aimait tant…

Note :

  1. « Les monographies paroissiales ont été rédigées par les curés des Landes entre 1886 et 1889 à la demande de Mgr Victor Delannoy, évêque d’Aire et de Dax » (indication sur le site des archives des Landes). ↩︎
  2. Jean Dumartin (1809-1894), natif de Mauries (Philippe Soussieux, 2018, Les monographies paroissiales du diocèse d’Aire et de Dax, AAL-ALDRES n°26, p. 67) – Ajout du 16/12/25. ↩︎

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