| Légende précédente : Illustrations inspirées des légendes des candèlas dans les Landes | Légende suivante : à venir |
Philippe Mora
Les Landais expliquaient que les sorcières tombaient rarement aux mains de la justice car elles avaient le pouvoir d’endormir : « On les prendrait, oui, les sorcières, mais elles donnent l’adroumilhoun » (Sorcières et loups-garous dans les Landes, Vincent Foix, p.5).
A partir de là, l’auteur conte l’histoire d’une fillette victime de ce sort, qu’il a fallu rebaptiser pour l’en délivrer. C’était une petit fille de 8 ans qui semblait vivre normalement, mis à part le fait qu’elle s’endormait soudainement, comme morte. Jusqu’au jour où la paysanne qui l’avait recueillie la chercha en vain à son retour de la messe : « A force de chercher néanmoins, elle trouve au pied d’un chêne la pauvrette ensevelie dans un sommeil si profond qu’on eut beau l’appeler, la secouer, la lever, la tenir debout : impossible de la réveiller » (même source, p.6).
Pourquoi était-elle si fatiguée ? Parce qu’une femme l’amenait, la nuit, dans une sorte de sabbat, où elle faisait une ronde avec d’autres petites filles autour du diable, dans une grange…
Adroumilhoun, terme gascon qui signifie sieste… Ce mot n’est pas en lui-même un sort, il ne le devient que lorsqu’il est provoqué par une sorcière. Adroumilhoun (ou adromilhon) vient du verbe gascon adromir, qui signifie « s’endormir ».
Encore une fois, l’articulation magie / religion se joue pleinement : il n’y a pas dissociation, mais union. Cela me rappelle, dans une monographie paroissiale landaise de la fin du 19ème siècle, un curé qui regrettait les anciens, si superstitieux, mais qui avaient aussi conservé un certain intérêt pour la religion catholique, tandis que les nouvelles générations se libéraient de ces croyances.
Je n’ai pas trouvé d’illustration pour ce sort, alors voici deux créations personnelles avec l’intelligence artificielle.


Soutenez Généalandogie sur Tipeee, site bien connu pour le financement participatif !