« Quand on revient en Gascogne » : la fresque de la rue batelière à Mont-de-Marsan, réalisée par Yannick Grillon

Philippe Mora

La fresque ci-dessous, vous l’aviez croisée en vous immergeant dans le Mont-de-Marsan de Stanislas Baron. La rue batelière menait aux barques, plus précisément aux galupes. L’Adour permettait alors le transport de marchandises, mais à partir du milieu du 19ème siècle, cette voie commerciale fut progressivement remplacée par le train, jusqu’à disparaître début 20ème.

Et il semblait bien que l’auteur de la fresque en ait conscience. J’ai mis un peu de temps à le trouver, mais j’ai désormais la réponse : l’auteur n’est autre que Yannick Grillon, bien connu des Montois (ici dans le journal Sud-Ouest par exemple).

Cet artiste, à la fois tatoueur et graffeur, utilise les murs de la ville comme des lieux de mémoires. Ainsi, cette fresque n’a rien d’un choix anodin : elle fait directement écho aux galupes autrefois présentes dans le quartier. L’aspect délibérément sobre, la présence des oiseaux, tout concourt à donner à l’œuvre un caractère intemporel… Concernant ces oiseaux, s’ajoute une symbolique familiale : Yannick Grillon venait de devenir père pour la première fois.

Le texte en gascon dans la rue, sa traduction française ici

Après l’aspect visuel, une autre question nous brûle les lèvres : quel est ce texte ?! Sur ce point, le graffeur se montre plus évasif. D’après ses souvenirs, il viendrait d’un cercle de passionnés de la langue gasconne, sans toutefois se rappeler lequel. Impossible de retrouver la trace de ce texte, sur internet… Par contre, l’artiste est en possession de la traduction, qu’il vous livre ci-dessous :

Quand on revient en Gascogne

Quand, sur la lande parfumée
La brise du soir
Berce, de l’oiseau son vol
Nous chantons l’espoir

Et quand au loin gronde l’orage
Sous le ciel noir menaçant,
Du fond de la pinède sauvage
S’entend une complainte mystérieuse.

Mais, nous écoutons aussi le chant
Qui vient du côté de la mer :
La la, la la la, la…

Les rameurs en cadence
Fendent les flots verdâtre
Et la galupe avance
Au rythme du chant des pécheurs :

Amis, chantons la terre tant aimée
Dont les trésors portent haut le nom !
Amis, chantons la forêt embaumée
Et son pin d’or, plus fort que le vent.

Chantons ses fleurs et sa bruyère légère
Ses lacs d’azur et l’Adour argentée…
Amis, chantons sa grandeur, noble et fière
Qui cri à tous : « Honneur et Liberté ! »

Stanislas Baron aurait sans doute apprécié cette démarche : lui-même faisait déjà immortaliser la batellerie par son ami, le peintre Camille Corot !

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