Famille Borda : l’enfant illégitime d’un « fils de M. le président », à Saint-Paul en 1682

Philippe Mora

Tandis que la Société de Borda met les projecteurs sur la famille du même nom à l’occasion de son cent cinquantenaire, et que, le 28 mars prochain, Jacques de Cauna présentera une communication intitulée Du nouveau sur le chevalier de Borda ? Famille, origines, postérité, je propose ici de signaler un acte concernant cette famille bien connue des Dacquois en particulier et des Landais en général.

Cet acte ne figure pas dans le fichier de la famille Borda, partagé par le Centre Généalogique des Landes. Il semble d’ailleurs n’avoir guère été cité. Même le moteur de recherche de Généalogie du Bas-Adour en altère le patronyme, enregistrant « Bordajet » au lieu de Borda. Pourtant, l’acte concerne bien l’illustre famille.

Au hasard de mes recherches, je suis tombé sur ce baptême [permalien vers les archives] daté du 15 mars 1682, à Saint-Paul, maison « Seignon Jouan« , quartier des Vignes. Ce jour-là naît un enfant hors mariage, situation qui n’était pas exceptionnelle, et que l’on rencontre dans toutes les couches de la société.

L’enfant se nomme comme son père, Jean Borda. Le père est désigné comme « fils de M. le président » et la mère est Marguerite Dadou.

Informations généalogiques

Commençons par la mère de l’enfant. Je n’ai pas de certitude avec ce seul acte, mais il est très probable qu’elle appartienne à la famille de notables juridiques de Pouy (devenue aujourd’hui Saint-Vincent-de-Paul), déjà rencontrée à plusieurs reprises sur ce site. Plusieurs indices vont dans ce sens :
– Les Dadou sont de petits notables du secteur. Leur statut rend plausible des relations avec la famille Borda.
– On ne connaît pas d’autres famille Dadou dans les paroisses du voisinage immédiat.
– La paroisse de Saint-Paul se situe commodément entre Dax et Pouy.

Ce sont là, des éléments assez ténus, et ce que je peux dire de Marguerite Dadou à partir de ce seul acte reste limité.

Concernant le père, il est le fils de Bertrand (Bertrand-Pascal) Borda, aux nombreux titres, dont bien entendu celui de président en la cour de Dax et sa mère est Anne-Marie Caupenne d’Amou. Il n’y a pas d’incertitude pour les grands-parents paternels de l’enfant, par contre, j’émets une hypothèse pour le père de cet enfant : des fils connus du couple Borda / Caupenne d’Amou, un seul porte le prénom Jean (aussi prénommé Jacques ou Jean-Jacques). Il semblerait donc que le père de l’enfant illégitime n’est autre que Jean Borda, écuyer, né en 1664 et marié en 1705, seulement, à Isabeau Dulaurier (ou Aurier). Les éléments biographiques concordent et je termine en relevant que c’était un capitaine de régiment, ce qui explique en partie son mariage tardif.

Jean /Jean-Jacques Borda et Jean Borda sont-ils un seul et même homme ? (utilisation de l’outil Généanet)

Pour revenir à la société de Borda qui fête ses deux parrains, voici leurs liens avec cet enfant illégitime : pour Jacques-François de Borda d’Oro (1718-1804), cet enfant est un cousin de son père tandis que pour Jean-Charles de Borda (1733-1799) le rapport est plus éloigné puisqu’il est descendant d’un frère de Bertrand de Borda, le grand-père de l’enfant illégitime. En tout cas, tous les deux ont pu entendre parler de cette naissance.

Sinon, je n’ai pas trouvé d’informations ni pour le parrain (Jean Dangoumau) ou la marraine (Cécile de Laur), ni pour les autres personnes citées. N’hésitez-pas à me joindre si vous en savez plus !

Une proximité notable avec de précédentes publications

Le couple Borda / Aurier nous rapproche des Dutaret de Laubia et des Mora dont on a raconté la saga familiale, jusqu’au Québec (Nouvelle-France). En effet, Isabeau Aurier a pour parrain Gabriel Dutaret de Laubia, qui est l’oncle d’Arnaud Dutaret de Laubia. Soulignons qu’il est rare de rencontrer les Dutaret de Laubia dans les actes car ils vivaient dans des paroisses pour lesquelles les registres sont peu accessibles voire inexistants. Et ce n’est pas tout, Isabeau a pour père, Pierre Aurier, bourgeois et marchand et pour mère Marie… Mora, à l’ascendance méconnue. Il y aurait d’autres proximités à relever, mais celle-ci était la plus marquante !

Ajout du 17 mars 2026 : Bernadette Mora, auteure avec sa sœur Christine, de « Les statuts de Saint-Paul en 1744« , nous informe que Seignon Jouan signifie tout simplement « Saint Jean » et que la maison a été appelée ensuite, maison Blazion, dont voici sa position sur le cadastre napoléonien :

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