Rencontre généalandogique avec Mathieu Laborde : travail et passion d’un généalogiste indépendant landais

Philippe Mora

C’est Mathieu Laborde qui m’a trouvé : il m’a contacté suite à une publication sur ce blog qui lui avait bien plu. Très vite, je lui ai proposé qu’on échange au téléphone pour une « rencontre généalandogique ». Autant dire que l’appel fut long, mais que le temps est passé rapidement car Mathieu Laborde est à la fois passionné de généalogie landaise et a un grand plaisir à échanger à ce sujet ! Chez lui, la transmission, c’est toute une histoire, vous allez comprendre en lisant ces quelques questions / réponses clés !

Comment es-tu devenu généalogiste professionnel ?

Mathieu Laborde : j’ai découvert et appris la généalogie avec Jean-Claude Vidon1, qui était un ami de la famille et peu à peu, il m’a transmis sa passion pour l’histoire landaise et la généalogie. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il a publié des ouvrages dans ces domaines. D’ailleurs certains sont dans ma bibliothèque dédiée à l’histoire landaise.

Mathieu Laborde, lors d’une recherche dans des archives municipales

J’ai commencé la généalogie à 16 ans et lancé mon entreprise à 22, cela fait deux ans maintenant. J’ai géré l’aspect juridique et administratif seul, pour obtenir le statut de généalogiste indépendant. Nous sommes peu dans ce statut car la plupart des généalogistes professionnels sont salariés dans des grandes entreprises. Le statut d’indépendant est plus long à assoir et d’ailleurs pour le moment, j’ai un emploi à temps plein en entreprise car mon travail de généalogiste ne me permet pas d’en vivre à lui seul.

Mais c’est un statut qui me plaît car je suis autonome, j’ai une liberté au niveau des recherches et pour le temps de recherche. En tant que professionnel, je suis soumis au secret professionnel et j’ai accès à des archives protégées, notamment l’état civil de moins de 100 ans, ce qui permet de retrouver des cousins, cousines pour mes clients.

Cela te permet aussi de te rendre dans d’autres archives que les généalogistes amateurs ne pourraient pas consulter ?

Mathieu Laborde : oui aussi, par exemple j’ai pu me rendre aux archives des entreprises de mon canton, à Hagetmau. Mais au final, je travaille essentiellement sur les actes d’état civil des archives départementales des Landes. Je me rends parfois à Bordeaux mais quand je dois aller plus loin, je contacte un généalogiste indépendant du département concerné, qui m’aide.

Mais le type d’archives que j’aime beaucoup, sont finalement classiques : ce sont les registres matricules des soldats de la guerre 14-18. On apprend beaucoup sur les personnes, des informations sur leur physique, leurs connaissances, lieux de vies, et j’en passe. D’ailleurs c’est peu connu, mais tout le monde peut avoir accès aux registres matricules des soldats de la seconde guerre mondiale, en salle de lecture des archives départementales des Landes seulement. A titre personnel, j’ai notamment consulté ce registre car mon arrière-grand-père est devenu papa quelques mois seulement après être parti à la guerre, en 1939 et n’a retrouvé son fils que tout début 1946, après avoir été enfin libéré fin 45.

Tu es indépendant, donc tes recherches sont plutôt seul, mais, comme tu l’as dit, il t’arrive de travailler avec d’autres personnes, raconte-nous un peu

Mathieu Laborde : Je réalise le plus souvent mes recherches seul en effet. Bien entendu, je suis en contact avec les archives départementales ou les associations. J’ai aussi demandé à d’autres généalogistes indépendants d’autres départements, de me trouver un acte, nous pouvons compter les uns sur les autres. Et cette année, j’ai eu une stagiaire qui souhaitait vérifier si elle était faite pour ce métier, depuis, elle s’est lancée dans une formation universitaire à Blois, dans la généalogie. Pour moi c’était important de lui faire mieux connaître la généalogie, c’était un plaisir. C’est aussi pourquoi j’alimente ma page Facebook afin de donner des infos générales sur la généalogie.

Mathieu et Eline (ancienne stagiaire)

Et avec tes clients, comment ça se passe ?

Mathieu Laborde : A 90% ce sont des arbres généalogiques classiques, mais j’ai aussi des recherches un peu différentes, des recherches de cousins, de lieux, ou encore des tableaux généalogiques exposés lors de baptêmes ou des mariages. Quand la recherche aboutit, je leur fait une présentation, le plus souvent chez eux. J’aime parler, de manière conviviale, faire des présentations décontractées et bien montrer les informations inattendues, les fratries étonnantes, les dates, plein de petites choses comme ça.

Un de mes intérêts en généalogie landaise, c’est découvrir la circulation de nos ancêtres. As-tu perçu quelque chose à ce niveau ?

Mathieu Laborde : Je n’y ai jamais vraiment pensé, mais j’ai ressenti que Mugron et Montfort-en-Chalosse étaient clairement les villes de circulation entre Dax et Mont-de-Marsan par exemple. Et à mon tour de rebondir sur tes activités, je trouve que ton projet « Nos archives partagées » est très intéressant ! De mon côté, j’avais dans l’idée de faire des sortes de tables pour les périodes prérévolutionnaires [pour ceux qui ne connaissent pas, ces tables n’existent que pour la période post-Révolution]. Au final, je n’ai fait que pour Dumes, mais c’est déjà ça…

A bientôt Mathieu !

C’est tellement évident que vous l’avez sans doute compris, Mathieu et moi-même aimons la généalogie landaise et essayons de transmettre des informations à ce sujet. C’est pourquoi vous le retrouverez bientôt dans « Nos archives partagées » avec ses tables de Dumes, mais aussi avec des textes dans lesquels il partagera des informations sur la généalogie.

Note :

  1. Voici un article publié dans Sud-Ouest, lors de son décès en 2019, qui résume un peu ses publications historiques. ↩︎

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