Premier article au sujet de Bernard Mora. Pris au jeu (en plus de questions de lectrices), j’ai trouvé d’autres informations intéressantes à son sujet. Vous pouvez suivre la suite ici.
Philippe Mora
En généalogie, on part souvent avec une idée bien précise… et on finit par tomber sur quelque chose d’inattendu. C’est exactement ce qui m’est arrivé hier.
Je cherchais tranquillement un Mora sur Geneanet. Mon objectif était clair : retrouver ses ancêtres. Mais, au lieu de ça, je tombe — par pur hasard — sur un Mora… qui avait traversé la planète pour s’installer en Nouvelle-Zélande !
Le personnage en question : Benoît Bernard Marcel MORA, indiqué comme né le 12 novembre 1839 à Daubèze. De suite, je file aux archives en ligne. Mais… rien. Pas la moindre trace d’un acte à cette date dans cette commune. Voilà qui sent la coquille… ou l’erreur de localisation.
Problème : je ne connais rien aux archives néo-zélandaises. Alors je tente de demander à ChatGPT. Ma question est simple :
« Peux-tu me donner des infos généalogiques sur Mora Benoît, décédé en 1889 en Nouvelle-Zélande, mari de Mary Flynn ? Il serait né en Gironde mais je ne trouve pas à Daubèze. »
Et là, la réponse dépasse largement ce que j’espérais.
ChatGPT m’apprend — sources citées à l’appui — que Bernard Mora a été naturalisé en 1870 (en vérifiant le lien source, c’est plutôt 1868) et qu’il était fermier. Ça colle déjà bien avec ce que je découvrirai plus tard sur ses ancêtres.
Puis selon des sources collaboratives trouvées par chat GPT, Bernard Mora serait en réalité né à Mios, fils de Pierre Mora et de Marguerite Maleyran. Et la date ? Plutôt 1836 que 1839.
Alors je retourne aux archives, cette fois pour Mios… et cette fois c’est bon ! Je trouve l’acte : Bernard Mora, né le 12 novembre 1836 à Mios. Même jour que sur Geneanet qui n’indiquait ni la bonne année, ni la bonne commune.
À partir de là, les pistes s’ouvrent : ascendants en Gironde, descendants en Nouvelle-Zélande… un vrai petit voyage virtuel entre deux continents. Moralité : ChatGPT peut être un formidable compagnon de recherches… si l’on garde en tête qu’il faut toujours vérifier ses dires dans les archives.
Dans mon billet sur Facebook, je terminais ainsi :
« Si vous avez ces familles dans votre arbre, faites-moi signe ! 🙂 »
J’ai tout d’abord partagé ce texte sur le groupe Facebook « Généalogie Gironde » me disant qu’une lectrice ou un lecteur aurait peut-être croisé ces familles sur Mios… au final, si les généalogistes de Bordeaux ont mis quelques pouces qui font toujours plaisir, c’est une lectrice du blog Généalandogie qui a de réelles proximités avec cette famille Mora ! Le cousinage reste à établir, mais la piste est lancée !
Mais ce n’est pas fini !
Tout cela m’a donné envie d’en faire un article pour le blog, je suis retourné relire la réponse de chat GPT afin de vérifier et affiner certaines informations. Mon idée initiale était de retrouver précisément sa ville néo-zélandaise, pour y ajouter une image d’illustration. Mais au final, j’ai trouvé bien mieux !
Grâce à l’IA (et après quelques recherches très rapides sur un site source cité par l’IA), je suis arrivé directement sur la page du cimetière où repose Bernard Mora, sur Find a Grave, voici d’ailleurs le lien direct vers la fiche de Bernard Mora). Et là, je vous laisse découvrir par vous-même les images disponibles sur cette page !
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| Portrait de Bernard Mora | Portrait retravaillé |
La personne qui a ajouté les informations dans ce cimetière d’Akaroa est bien renseignée. Car en plus de la pierre tombale et de ces portraits, l’histoire de l’arrivée de Bernard Mora est expliquée (utilisation de DeepL pour la traduction) :
« Benoit est enregistré comme ayant déserté le baleinier « Cailincourt » en 18591. À cette époque, si vous vous cachiez suffisamment longtemps pour que le navire quitte le port, vous pouviez rester dans ce pays.
Caulaincourt2 – Les salaires ont été versés pour la période comprise entre le 16 septembre 1856 et le 14 août 1859 (lorsque le navire était en mer). Les formalités de retour du navire ont été accomplies au Havre le 19 août 1859. Capitaine Laurent LABASTE. Propriétaires : les frères Guillot. Le navire avait 3 mâts, avait été construit en 1856 à Honfleur, pesait 657,85 tonnes, avait 1 canon, 10 fusils et 50 kilos de poudre.
Les baleiniers comptaient généralement environ 35 hommes à bord.
Benoist [ancienne orthographe de Benoît] MORA, déserteur à Akaroa (Nouvelle-Zélande) le 8 mai 1859. Fils de Pierre et Marguerite, domiciliés à Pauillac (département de la Gironde), né le 12 novembre 1839 à Pauillac (Gironde), cheveux bruns, yeux bleus, front ordinaire, bouche moyenne, menton rond, visage ovale. Enregistré à Pauillac fº44 nº25. [Cela signifie que son enregistrement se trouve dans le folio/registre 44, et qu’il est le numéro 25 dans les archives de ce registre.] Matelot ordinaire sur un navire de 1/350.
Benoit épousa Mary Flynn [née en Irlande en 1843] en 1870 et ils eurent neuf enfants. 5 garçons et 4 filles, comme indiqué ci-dessous ».
Et peut-être que des curieux iront voir le registre indiqué ?

Ses funérailles traduites par DeepL (source ici) :
« Nécrologie. — C’est avec regret que nous annonçons le décès de M. B. Mora, de German Bay. Comme le savent les lecteurs locaux, il souffrait depuis six mois, son état s’aggravant progressivement, et il s’est éteint dimanche à 5 heures du matin. M. Mora s’est rendu pour la première fois à Akaroa à bord d’un baleinier en 1856, puis il est revenu en 1857 et s’est installé à terre, travaillant pendant quelque temps pour MM. Lelievre et Narbey. Il a ensuite acheté un terrain à German Bay, où il a résidé depuis lors. M. Mora laisse derrière lui une femme et neuf enfants. Les funérailles partiront de la résidence de Mora, à German Bay, pour se rendre au cimetière catholique romain d’Akaroa à midi le mercredi, jour de l’An. »

German Bay, de nos jours, Takamatua Bay (source)
Notes :
- Les désertions étaient fréquentes et il n’a pas déserté seul (voir ici). ↩︎
- Navire construit à Honfleur en 1856, disparu dans les eaux de l’Alaska en 1861 (voir ici) ↩︎
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bonsoir je note qu’il est écrit Benoît Mora né à Pauillac et non Mios ???? Est ce la même personne ?
merci
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Oui tout à fait, apparemment ses parents résidaient à Pauillac à ce moment-là, mais regardez bien, c’est bien les bons prénoms pour les parents et on retrouve bien le 12 novembre 🙂 D’ailleurs, j’avais eu aussi votre réflexe et j’avais vérifier le 12/11/1839 ou 1836 à Pauillac : pas de naissance de Benoit Bernard Mora.
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J’ajoute aussi ce lien qui donne un autre document et d’autres explications / arguments : https://www.wikitree.com/wiki/Mora-363
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