Philippe Mora
C’est peu connu, et pourtant, avec les microfilms une mine d’informations peuvent voyager jusqu’à vous (vos archives départementales les plus proches). Quand on entend parler pour la première, cela réveille les vieux films d’espionnages, pire, sur internet on tombe sur bon nombre de pages qui indiquent que les microfilms ne circulent plus !
Même si le microfilm, aussi appelé « bobine » ou « rouleau », est un moyen de recherche à la marge, il reste pourtant important pour le généalogiste des Landes, pour au moins trois raisons :
– La première, est sa quantité. Dans la brochure de l' »agenda culturel et patrimonial. Mars Juillet 2024″ des archives départementales (AD) des Landes, il est indiqué qu’il y a 14 km linéaires de documents contre 80 km de microfilms ! Cela signifie que même si la numérisation avance bien, il y a très probablement des petits bijoux non numérisés à trouver dans cette immense quantité de microfilms.
– Deuxième point fort : on peut faire un prêt inter-archives, c’est un support qui peut transiter par voie postale d’une AD à l’autre. Idéal pour ceux qui habitent loin.
– Troisième point fort : les microfilms donnent accès à des fonds non-numérisés ! Les lecteurs de ce blog les ont déjà rencontrés dans la partie « Nos archives partagées« .
Partage d’expérience : mon 1er contact avec les microfilms
Comme j’habite loin des Landes et que j’ai trouvé des petits trésors sur bobines, je me suis lancé dans ce prêt inter-archives voici quelques mois, bien accompagné par des échanges de mails avec les AD. Résultat, jeudi 6 juin 2024, j’ai pu consulter un microfilm venant des Landes depuis les AD d’Ille-et-Vilaine !
Il n’est possible de recevoir que 4 bobines en même temps, sont donc pour le moment reçues aux AD 35, 3 bobines d’un fond de Léon Léon-Dufour et une bobine de Vincent Foix (vous ne les connaissez pas ? Cliquez ici pour les découvrir !). J’ai commencé par cette dernière car c’est l’inventaire de ses travaux généalogiques.

Image prise d’une de mes vidéos
En me lançant dans ce projet, je me posais la question du nombre de vues (pages) comprises dans une bobine classique (30m de long le plus souvent). Le nombre d’environ 600 ressortait mais cela varie. Pour ma part, je n’ai pas vraiment compté mais sur la première machine (j’y reviendrai dans la partie « bricolage ») j’ai cru voir dans les 550 pages. Dans ce « Dictionnaire », les travaux de Vincent Foix sont répertoriés dans un grand tableau, à gauche, les noms classés alphabétiquement et à droite les seigneuries et terres nobles possédées par ces familles landaises. J’ai pris quelques photos mais globalement, j’ai tenté de filmer l’ensemble du document en faisant dérouler lentement le rouleau.
Consulter un microfilm, une histoire de bricolage
Pour ceux qui aimeraient aussi consulter des microfilms, ce paragraphe parlera de l’aspect bricolage lié à ce support de conservation. Tout d’abord, un peu comme pour les documents qu’on consulte aux AD en général, on ne peut avoir entre les mains qu’une seule boîte à la fois. Voici l’héroïne du jour :

On le constate, il y a du matériel autour ! Il a fallu quelques manipulations de plusieurs personnes des archives pour que tout soit au mieux. J’énumère rapidement :
– Tout d’abord, on a voulu mettre la bobine sur la meilleure machine de lecture mais malheureusement, la bobine avait un orifice trop petit, ainsi, on s’est rabattus sur une autre machine en salle, en pleine lumière.
– Il faisait beau en Bretagne, le soleil était trop fort, les mots de l’abbé étaient bien pâles sur l’écran. Il fut donc décidé de déplacer cet appareil à côté de l’autre appareil, qui est dans un recoin plus sombre, adapté au visionnage des microfilms. Mais un tel appareil de visionnage, c’est lourd, il a fallu être plusieurs.
– Une fois à bon port, il a fallu connecter après avoir trouvé une multiprise. Ca y est, je vois bien l’écran mais malheureusement, sur cette machine, il est impossible de voir le tableau de l’abbé en entier ! Je ne vois que la partie gauche ou droite ou un peu des deux si je mets au milieu. Mais bon, je me lance…
– Cette machine comptait les pages qui défilaient, ainsi j’ai déroulé le film jusqu’à la fin, mais il n’était pas attaché, ce qui fait que toute la bande s’est retrouvée coincée dans les rouages de l’appareil. Un intervenant spécialisé dans les travaux, le sort, et propose de placer le film dans une autre bobine, qui s’insèrerait dans la meilleure des machines ! Un mal pour un bien en somme…
– Et au final, j’ai pu consulter dans des conditions plutôt bonnes, cet inventaire de Vincent Foix.
Vous vous demandez peut-être pourquoi cela a été aussi compliqué ? Tout simplement car l’utilisation des microfilms est devenue très rare. Les AD n’ont plus l’habitude et ne renouvellent pas le matériel à ce niveau. Heureusement que les professionnels ont toujours su trouver une solution. Je sentais qu’ils voulaient que tout se passe au mieux, ils étaient réactifs et sympas, un peu comme aux AD 40 ! En somme, ce sera un souvenir mémorable, convivial et efficace malgré les obstacles. Et puis désormais, j’ai des vidéos et des photos qui m’attendent… désormais accessibles avec le projet « Nos archives partagées » !
Et avant de vous quitter, voici à quoi ressemblait l’appareil qui affichait de manière incomplète les informations mais qui comptaient les pages :

Dans le feu de l’action, je n’ai pas pris en photo l’autre appareil qui était très différent. Une prochaine fois si cela intéresse certains d’entre vous ! Et oui, ce n’est pas fini, et il me reste deux mois pour faire le tour des bobines reçues.
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