La gestion des communaux par les villageois

Série d’article sur la vie paysanne landaise et notamment, la propriété terrienne

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Philippe Mora

Dans ce petit texte, je vais aborder seulement la partie de la gestion des biens communs, non des biens spirituels ou des devoirs fiscaux. Ces communs comportent différentes terres, leurs produits ainsi que les animaux. Avant de les découvrir spécifiquement, il faut souligner que les animaux bénéficient d’une grande liberté sur les terres : « l’esprit de l’agriculture landaise au XVIIIe siècle ne prévoit jamais en effet que le bétail soit enfermé ou attaché. L’espace est à lui, c’est au cultivateur qu’on reproche de mal clore ses terres et de se prêter à des dégâts » (Anne Zink, Clochers et troupeaux, p.61).

Peinture du Landais, Jean-René Sourgen

Tout d’abord, sauf exception, comme à Saint-Sever (p.46), les terres gérées par les communaux sont non-nobles. Anne Zink cite un texte daté de 1770 :

« Les bois sont des fonds communs, complantés de chênes ; les barthes sont des fonds communs où croît l’échalat de vergne, saule, aubier ; les landes sont des fonds communs où croissent la fougère et la bruyère, pour faire le fumier ; les devancieux sont des bosquets communs qui se trouvent devant les maisons ou environ ; le mot padouen est un terme générique qui signifie padouir ou paitre, et qui comprend généralement tous les communaux qui sont à portée des maisons » (p.51).

N’hésitez-pas à relire plusieurs fois cette phrase si vous n’êtes pas habitués, car cela donne la définition de plusieurs éléments centraux dans les landes rurales de l’Ancien Régime. Je trouve que c’est globalement clair, et reviens rapidement sur les barthes, qui sont des prairies marécageuses au bord de fleuve.

Les barthes de l’Adour à Saint-Vincent-de-Paul, Wikipédia

Le partage

Les communs, on pourrait se dire que c’est pour tout le monde… mais bien entendu, ce n’était pas pour tout le monde. Déjà, c’était pour les habitants de la paroisse. En parmi eux, l’accès et l’utilisation des communs variait selon leurs statuts (voir l’article précédent).

Dans ces villages ruraux des Landes, les partages pouvaient se faire par capcazal (les propriétaires terriens) ou au marc la livre de taille (qui veut simplement dire que le partage se fait en proportion de la taille de la propriété). Il peut y avoir des mélanges de ces deux façons de partager / utiliser.

Voilà, ce n’est qu’une petite introduction ! Pour comprendre plus précisément comment les communs étaient utilisés, selon leur type : lisez directement une des références dans le domaine, à savoir Anne Zink, « Clochers et troupeaux ».

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