Le registre de Pey : à la découverte de Jacques Desclaux (1593-1658), évêque de Dax, et de l’histoire des Landes

Philippe Mora

Dans les registres paroissiaux, vous ne rencontrerez pas seulement des baptêmes, mariages et décès. Parfois (rarement !), d’autres informations se glissent. Je vous présente l’une d’elles, rencontrée dans les registres de Pey, qui parle de la vie de Jacques Desclaux. Ce document, riche d’informations sur sa vie, est déjà cité dans un article de société de Borda et peut-être ailleurs. Par contre, il ne me semble pas avoir croisé sa retranscription complète : c’est ce que vous propose tout d’abord, dans cette publication.

Cette retranscription complète intéressera celles et ceux qui ne le connaissent pas et qui n’ont pas de notions sur les Landes du XVIIe siècle, mais aussi celles et ceux qui le connaissent et souhaitent découvrir quelques nouveaux éléments, ou en tout cas, un nouveau texte à son sujet.

Le ton est clairement hagiographique mais relève de nombreux événements historiques tout à fait intéressants.

Allons vers le texte !

L’acte se trouve donc dans les registres de Pey et est rédigé par le curé Lamothe. Pour en faire une lecture précise, ce n’est pas aisé car l’écriture n’est pas si évidente que cela. Une proche de Marc Billard (qui ne souhaite pas être citée, mais elle est ici remerciée), nous en a fait une retranscription solide.

N’hésitez-pas à mettre le document original à côté de cette retranscription, qui a pris soin de passer à la ligne en même temps que l’original… vous pouvez ainsi facilement tester votre propre lecture ! 🙂

Le cinquiesme april [1658], est arrivée la mort du tres bon
prelat Monseigneur l’illustrissime Jacques Desclaux, evesque
d’Acqs, apres avoir gouverné le dioceze lestant de dix et
huict ans avec un soin et un zele qui a réformé l’eglise dans ce
destroit, et donné aux peuples la cognaissance des mysteres
de notre religion que le malheur du temps passé leur avoit
cachés. Il est mort en la soixante et septesme année de son aage,
au grand regret de tous les seculiers aussi bien que des ecclesiastiques,
tous lesquels ont pleuré leur commun protecteur, auquel tout le
pay devoit l’exemption des gabelles, dont les bureaux avoit esté
marqués, et les deniers (des partisans) comptés et envoyez aux armees
de sa majesté. La ville d’Acqs l’a recogneu pour son conservateur
durant les troubles de Guyenne, durant lesquels les diverses inclinations auroit faict
naistre de grands maux dans ladite ville, si son authorité n’eust
abbatu le parti contraire au Roy en sa naissance, et n’eust relevé
le courage de ceux qui estaient fidelles à sa majesté, et d’autant
que la conservation d’Acqs estoit d’une très grande importance, et
pour la conservation de la Guyenne et de tout l’estat. Il est
receu des remerciements à la Cour, qui auroient deu c*tre un
general d’armée à ? le gain d’une bataille importante. Les dommages
que les eglises de plusieurs parroisses avoient receu par les volleirs
des es* de nombre dans le destroit des Landes
l’obligerent à aller en Cour, où apres quelque temps de sejour il
tomba sortant du carrosse, et ceste chute l’ayant grandement incommodé
il se retira après avoir demeuré long temps dans le lict. S’estant
un peu remis, durant l’esté et hyver suivant, de la dislocation
de la hanche, il feust conseillé par les medecins de prendre les bains
de Tercis durant l’autre esté suivant, ce qui eschauffa tellement son
sang et esmeut si fort ses humeurs, qu’il se forma un cathaire
entre la toile du cerveau et le crane qui l’empescha d’entreprendre
de nouveau la visite des eglises des Landes, et l’arresta dans la
maison episcopalle despuis la feste Toussaints jusques à la Noel, ayant
temps en l’an suivant d’aller prendre l’air de st Pandelon en de certain jours
? par ? ? qui luy causoit ? un vertige. Sa

2ème page :

Les symptomes estant de beaucoup moins frequens et moins
fascheux, est il formoit à chasque moment de nouveaux
desseins d’establir la discipline ecclesiatique en son dioceze
avec plus de rigueur qu’auparavant, bien que tout d’un
coup son mal ayant rengregé , il recogneut qu’il
falloit aller rendre compte du passé, et voyant venir
la mort il la receut avec une singuliere joye et avec
le courage dont il avoit donné des marques
durant sa vie. Il feist des fondations considerables
dans la cathedrale, tant pour la fondation d’un obit
qu’encore pour la cebration de quatre messes qui se
disent chasque jour des douze plus considerables
festes ou dimanches de l’année, ayant pour ce legué
vingt sols pour chasque celebrant, et ce pour les
obliger à assister aux offices divins ausdits jours. Apres
quoy il disposa de tout son bien en faveur
de la fabrique de sa cathedralle, pour estre employé
a la bastisse de l’eglise, remettant toute la
conduite de sa maison et l’execution de ses volontés
au soin de son chapitre. Estant mort avec une
grande resignation et confiance en la misericorde de dieu
le susdit jour 5 april 1668, son oraison
funebre, le corps estant present, feust faicte et prononcée
par le père les Treilles, provincial des PP. de
l’Observance, qui, preunant son texte dans l’evangile du
jour mesme, commencea par ces parolles Lazarus amicus
noster dormit, ce qui feit redoubler les gemissements
de tout un peuple qui assistait aux feunerailles de ce
pere commun, dont la memoire sera tendre durans
longues années dans l’esprit de toutes les personnes du
dioceze Memoria ejus in benedictione erit

L’évêque dans l’histoire landaise

Le texte aborde plusieurs sujets et j’ai conversé avec une IA pour introduire à chacun d’entre eux. J’ai retravaillé un peu tout ça pour la mise en forme et la sélection des sujets. Au final, pour ceux qui croient que j’ai gagné du temps en ne faisant rien, sachez que c’est plutôt l’inverse qui s’est passé car à la fois, je connais bien ce siècle dans les Landes mais aussi j’ai vérifié tout ce qu’écrivait l’IA. Donc le gain de temps n’est pas là, mais l’utilité de l’IA n’est pas pour gagner du temps, pas pour chaque situation en tout cas, mais m’a servi dans cette situation, à me donner matière à réfléchir, à faire un tour d’horizon.

Voici la liste des sujets qui seront abordés, vous pouvez ainsi aller au numéro souhaité si vous ne voulez pas tout lire :

  1. La Réforme catholique
  2. Qu’y a-t-il derrière « le malheur du temps passé » (encore la Réforme catholique)
  3. Homme politique
  4. L’exemption de la gabelle
  5. L’évêque à la Cour du roi
  6. Le bon air de Saint-Pandelon
  7. Le modèle chrétien de la mort
  8. Sa mémoire après son décès
  9. Son don à la cathédrale de Dax
  10. Son oraison funèbre
  11. Memoria ejus in benedictione erit
  12. Décédé à 67 ans ?

Création par IA : loin d’être parfaite et tout à fait critiquable, puisque par exemple, l’évêque ne s’est probablement pas entretenu avec le roi directement. Quelque part, on reste dans le ton hagiographique de ce texte de Pey. M. le curé Lamothe aurait sans doute apprécié !

Pour approfondir :

1) Un témoignage remarquable sur la Réforme catholique dans les Landes

La phrase la plus intéressante à mes yeux est celle-ci :

« avec un soin et un zèle qui a réformé l’Église dans ce détroit »

et surtout :

« donné aux peuples la connaissance des mystères de notre religion que le malheur du temps passé leur avoit cachés »

C’est quasiment un programme de Réforme catholique.

Desclaux est présenté comme ayant trouvé un diocèse où la population aurait été insuffisamment instruite religieusement et comme ayant entrepris de remédier à cette situation.

Le mot « réformé » est capital. Il faut éviter de le comprendre dans le sens de « protestant » : ici, il signifie la réforme interne de l’Église catholique, dans le contexte de la mise en œuvre progressive du concile de Trente.

Et cela correspond assez bien à ce que l’on sait de Desclaux : les sources historiques le classent parmi les évêques réformateurs du XVIIe siècle, et les Archives des Landes conservent effectivement des ordonnances de sa main concernant les activités religieuses dans le diocèse.

Autrement dit, le témoignage de Pey n’est pas simplement une louange abstraite : il correspond à une politique épiscopale réelle de contrôle et de réforme de la vie religieuse.

[Ajout de ma part : la Réforme catholique est plus souvent appelée Contre-Réforme, en réponse à la Réforme protestante]

2) « Le malheur du temps passé » : une formule qui mérite d’être prise au sérieux

Cette expression est extraordinairement intéressante :

« que le malheur du temps passé leur avoit cachés »

Le rédacteur semble établir une opposition entre :

avant Desclaux → ignorance / désordre religieux

et

Desclaux → instruction / réforme / discipline.

Mais que désigne exactement le « malheur du temps passé » ?

Il est difficile d’être catégorique sans d’autres documents du diocèse. Cela pourrait renvoyer à plusieurs décennies de troubles religieux et politiques :

  • les guerres de Religion ;
  • leurs conséquences institutionnelles ;
  • les insuffisances pastorales du clergé ;
  • la faible instruction religieuse des populations ;
  • plus généralement, le « désordre » que les catholiques réformateurs du XVIIe siècle attribuaient à l’Église de la période précédente.

[Mon ajout : on parle encore là de la Contre-Réforme finalement et donc un peu de toute l’histoire passée… justement à dépasser !]

Le Triomphe de la foi catholique sur l’hérésie protestante par Johann Michael Rottmayr (Source Wikipédia)

3) Et puis apparaît une dimension beaucoup plus surprenante : Desclaux est présenté comme un homme politique

Le passage sur Dax est probablement le plus spectaculaire :

« La ville d’Acqs l’a recogneu pour son conservateur durant les troubles de Guyenne »

Le terme « conservateur » est ici très intéressant.

L’évêque est présenté comme ayant joué un rôle actif dans les troubles politiques de la Guyenne et surtout comme ayant contribué à maintenir Dax dans l’obéissance au roi.

Le texte poursuit :

« son authorité n’eust abbatu le parti contraire au Roy en sa naissance »

et :

« relevé le courage de ceux qui estaient fidelles à sa majesté »

Cela nous plonge dans la période extrêmement troublée de la Fronde, et plus largement dans les tensions politiques de la Guyenne au milieu du XVIIe siècle.

Le message du rédacteur est très clair :

Desclaux aurait empêché que Dax bascule dans l’opposition au pouvoir royal.

Il faut toutefois être prudent : nous sommes ici face à la mémoire officielle d’un évêque loyaliste, pas devant un rapport militaire neutre.

[ajout personnel : en plus de la Fronde, n’oublions pas la peste qui sévissait. Vous en trouverez les détails dans l’article de la société de Borda aborde ce sujet et l’évêque a bien eu des réussites auprès de la Cour du roi]

Wikimedia Commons, Musée de l’histoire de la médecine, Hôtel-Dieu de Hautefort, Hautefort, Dordogne, France.

4) Le passage sur les gabelles est encore plus précieux

Vous avez :

« auquel tout le pays devoit l’exemption des gabelles »

C’est potentiellement l’un des passages les plus importants pour l’histoire économique locale.

La gabelle est l’impôt sur le sel, extrêmement impopulaire dans l’Ancien Régime.

Le texte affirme que Desclaux aurait obtenu pour « tout le pays » une exemption de la gabelle, ou au moins une mesure fiscale exceptionnelle.

Il ajoute :

« dont les bureaux avoient esté marqués »

et :

« les deniers […] comptés et envoyez aux armées de sa majesté »

Cela semble évoquer une mesure fiscale déjà préparée, avec des bureaux destinés à percevoir la taxe, et dont les recettes devaient alimenter l’effort militaire royal.

Si la lecture est correcte, ce passage mérite à lui seul une recherche dans les archives fiscales et administratives.

Parce qu’il donnerait une image beaucoup plus concrète du rôle de Desclaux : il ne serait pas seulement intervenu auprès de la Cour pour des affaires religieuses, mais également pour défendre les intérêts économiques de la population de son diocèse.

[ajout : même conseil, avec la lecture de l’article de la société de Borda]

Source Wikimedia Commons

5) Un évêque qui va à la Cour pour défendre ses paroisses

C’est un autre élément très moderne dans sa logique :

« Les dommages que les eglises de plusieurs parroisses avoient receu […] l’obligerent à aller en Cour »

Le mot important est « obligèrent ».

L’évêque est présenté comme quelqu’un qui ne reste pas dans son palais épiscopal : il va personnellement à la Cour pour obtenir réparation.

Le rédacteur construit ainsi l’image d’un évêque intercesseur.

Il protège :

  • les églises ;
  • les paroisses ;
  • les habitants ;
  • les intérêts fiscaux du pays ;
  • Dax ;
  • et, politiquement, le roi.

C’est une conception très intéressante de l’autorité épiscopale.

6) Le détail de Saint-Pandelon est également passionnant

Vous avez :

« ayant temps en l’an suivant d’aller prendre l’air de st Pandelon »

La lecture exacte mérite vérification, notamment parce que la phrase semble grammaticalement altérée dans la retranscription.

Mais si elle est correcte, elle montre quelque chose d’intéressant : le malade quitte périodiquement Dax pour changer d’air.

Cela correspond parfaitement aux conceptions médicales de l’époque : le « bon air », les déplacements, les eaux et les changements d’environnement sont considérés comme pouvant agir sur l’équilibre des humeurs.

On est donc encore dans une médecine très différente de la nôtre.

[Mon ajout : l’IA n’a pas pensé au château des Evêques, à Saint-Pandelon]

Source Wikipédia

7) La mort elle-même est transformée en modèle chrétien

Le texte affirme :

« voyant venir la mort il la receut avec une singuliere joye »

et :

« avec le courage dont il avoit donné des marques durant sa vie »

C’est typiquement une mise en scène de la bonne mort chrétienne.

La mort idéale du prélat doit être :

  • consciente ;
  • acceptée ;
  • résignée ;
  • confiante en Dieu ;
  • courageuse.

Et le rédacteur établit une continuité entre sa vie et sa mort :

il fut courageux dans sa vie → il est courageux devant la mort.

Ce n’est donc pas seulement une information sur son décès. C’est un exemplum, un modèle destiné aux lecteurs.

8) Son testament révèle une conception très précise de la mémoire

Le passage sur les fondations est fondamental :

« des fondations considerables dans la cathedralle »

puis :

« la fondation d’un obit »

et :

« la celebration de quatre messes qui se disent chasque jour des douze plus considerables festes ou dimanches de l’année »

Il organise donc la continuation de la prière pour lui après sa mort.

L’« obit » est ici un service commémoratif lié à l’anniversaire du décès.

Et il prévoit même une rémunération :

« vingt sols pour chasque celebrant »

Ce petit détail monétaire est extrêmement précieux.

Le testament transforme une volonté pieuse en institution durable :

argent → célébration liturgique → mémoire → perpétuation du souvenir du défunt.

9) Et il donne tout son patrimoine à la cathédrale

La phrase est très forte :

« il disposa de tout son bien en faveur de la fabrique de sa cathedralle »

C’est probablement le passage qui permet le mieux de comprendre son projet personnel.

Il ne lègue pas simplement de l’argent à des pauvres ou à sa famille.

Il choisit la fabrique de la cathédrale, c’est-à-dire l’organisme chargé de financer et d’entretenir le bâtiment.

Source, site des archives départementales des Landes

Pourquoi ?

Parce que la cathédrale de Dax avait connu une catastrophe majeure : l’ancienne cathédrale gothique s’était progressivement effondrée dans les années 1630-1640. Les sources historiques confirment que Desclaux fut directement associé au projet de reconstruction.

Cela donne un sens beaucoup plus profond à son legs.

Il ne finance pas simplement un bâtiment :

Il veut laisser une trace matérielle de son épiscopat.

10) L’oraison funèbre est construite comme une scène théâtrale

La fin est remarquable :

« le corps estant present »

puis :

« son oraison funebre […] feust faicte et prononcée par le père les Treilles »

et surtout :

« Lazarus amicus noster dormit »

« Lazarus, notre ami, dort. »

C’est du latin.

  • Lazarus : Lazare (un prénom).
  • amicus noster : notre ami.
  • dormit : dort.

Cette phrase fait référence à un passage de l’Évangile selon Jean (11:11), où Jésus parle de Lazare : « Lazare, notre ami, dort ; mais je vais le réveiller. »

Dans ce contexte biblique, « dort » est une manière symbolique de parler de la mort, avant la résurrection de Lazare.

C’est un choix très fort.

Résurrection du Christ (Wikimedia commons)

Le prédicateur prend pour texte l’Évangile du jour et applique à Desclaux l’image de Lazare : le mort n’est pas présenté comme définitivement disparu ; il « dort » dans l’attente de la résurrection.

Puis le rédacteur insiste sur la réaction collective :

« ce qui feit redoubler les gemissements de tout un peuple »

Nous avons donc une véritable scène communautaire du deuil :

corps exposé → prédication → Écriture → identification du défunt à Lazare → larmes collectives.

Cela montre à quel point les funérailles épiscopales pouvaient devenir un événement public.

11) Et la dernière citation est extrêmement révélatrice

Memoria ejus in benedictione erit

« Sa mémoire sera en bénédiction. »

C’est une formule biblique tirée des Proverbes 10,7.

La conclusion n’est donc pas simplement :

« il est mort ».

Elle est :

« il doit être mémorisé comme un homme béni et bienfaisant ».

Le registre devient donc un instrument de mémoire.

Et c’est très important pour votre travail généalogique/historique : ce type de note exceptionnelle dans un registre paroissial nous montre que les registres ne sont pas seulement des bases administratives avant la lettre. Les curés pouvaient y inscrire des événements qu’ils considéraient comme suffisamment importants pour mériter une transmission aux générations futures.

12) Son âge : 67 ans ou 65 ans ?

Votre texte dit :

« dans la soixante et septesme année de son aage »

Mais les sources modernes donnent une naissance vers 1593 et une mort en 1658, soit environ 65 ans.

Cela pourrait être une nouvelle erreur du rédacteur ou une différence provenant de la date de naissance traditionnelle.

Je ne considérerais donc pas les 67 ans comme absolument certains.

C’est précisément le genre de point où une recherche dans les actes antérieurs de Pey, Mugron, Dax ou dans les archives diocésaines pourrait être utile.

[A priori, ce serait une erreur du rédacteur du texte de Pey. Après, il n’y a pas d’acte de naissance en 1593 et cette date est déterminée car il a été indiqué ailleurs, qu’il était décédé à 65 ans.]

Conclusion

Je résumerais le document ainsi :

Ce que le curé de Pey veut que les générations futures retiennent de Jacques Desclaux, ce n’est pas seulement qu’un évêque est mort en 1658. C’est qu’un homme a incarné pendant près de vingt ans la restauration de l’Église catholique, la défense des intérêts du pays, la fidélité à la monarchie, la protection de Dax et la reconstruction de son Église cathédrale.

C’est une image extrêmement cohérente avec l’idéal de l’évêque tridentin et monarchique du XVIIe siècle.

Ce document n’est pas une simple hagiographie.

Il y a certes une forte dimension élogieuse, mais il contient beaucoup de données concrètes :

  • durée du gouvernement épiscopal ;
  • interventions politiques ;
  • fiscalité ;
  • relations avec la Cour ;
  • dommages aux églises ;
  • voyage ;
  • chute ;
  • traitement médical ;
  • bains de Tercis ;
  • déplacements ;
  • état de santé ;
  • organisation des messes ;
  • montant du legs ;
  • destination du patrimoine ;
  • rôle du chapitre ;
  • identité et fonction du prédicateur ;
  • texte évangélique utilisé lors des funérailles.

C’est donc une source narrative très riche, même si son biais mémoriel est évident.

Ma conclusion !

Il y aurait bien entendu encore plus à dire car certaines phrases de cette retranscription sont passées sous silence. J’ai fait des choix pour que cette publication ne soit pas trop longue. Il y avait bien entendu la santé de l’évêque. J’ai aussi une question sur « son oraison funebre, le corps estant present, feust faicte et prononcée par le père les Treilles, provincial des PP. de l’Observance ». Je ne sais pas qui cela est, ni le contexte.

Enfin, cette retranscription est une fenêtre sur une partie d’une période fort riche et bien entendu, pour la découvrir, il y a beaucoup plus à lire. Belles recherches et belles lectures à toutes et tous !

Laisser un commentaire