Philippe Mora
Pour faire évoluer et développer la société de Borda, j’avais proposé quelques pistes dans un article précédent. À la suite, notamment, d’échanges avec Gonzague Espinosa-Dassonneville, président de la société, j’apporte ici quelques éclaircissements et informations complémentaires, tout en partageant un scoop : de belles idées sont déjà à l’étude au sein du conseil d’administration 🙂
L’élitisme
Habitué à échanger avec des universitaires, la comparaison avec certains membres de la société est frappante : un élitisme dommageable est bien présent. Cela dit, de nombreux membres sont ouverts et sympathiques : il ne faut pas l’oublier face à quelques esprits plus fermés.
Par ailleurs, quelques lecteurs ont pu penser que j’incluais le bulletin dans cette critique. Ce n’est pas le cas, même s’il est évident que publier dans celui-ci reste difficile d’accès… ce qui nous amène au point suivant.
Publications
La publication dans le bulletin de la société restera exigeante, non par élitisme, mais en raison de critères stricts : un haut niveau de recherche attendu et un nombre de places limité au regard des propositions reçues. C’est pourquoi j’évoquais l’intérêt d’une publication numérique. Or, celle-ci existe déjà depuis peu avec le cabinet des curiosités. J’invite donc chacune et chacun à y participer !
J’ai également suggéré à M. le président que cette publication numérique puisse accueillir et préserver des textes de qualité publiés en ligne, souvent voués à disparaître. Car si la société s’inscrit dans la durée, ce n’est que rarement le cas des sites et blogs, y compris, un jour, votre site préféré (à égalité avec d’autres !), Généalandogie.

« En cette année 2176, à l’occasion des 300 ans de notre société, Mme la Présidente a offert à nos amis de la galaxie Espèr un bulletin commémorant son 150ème anniversaire. Par ce geste, elle a souhaité rappeler que le véritable défi ne réside pas seulement dans le lancement d’une mission ou le début d’une relation, mais aussi dans la capacité à les entretenir. Nous sommes toujours à mi-chemin entre le passé et l’avenir. »
Démocratie participative
Pour le moment, de nombreux membres peuvent se sentir éloignés du noyau décisionnaire, en particulier lorsqu’ils ne peuvent pas se déplacer lors des nombreuses rencontres. Pourtant, je le savais déjà et mes récents échanges avec Gonzague Espinosa-Dassonneville le confirment, cette situation n’est pas délibérée : elle tient davantage à l’organisation existante et aux mutations actuelles.
Je sais que l’expression « démocratie participative » peut sembler creuse, je propose donc deux actions très concrètes : permettre aux membres de voter à distance sur certaines décisions et créer un forum internet sur le site, réservé aux membres (et pourquoi pas un forum ouvert à tous ?).
L’ouverture aux publications numériques, évoquée précédemment, s’inscrit pleinement dans cette démarche : le savoir n’appartient pas qu’à un cercle restreint, mais chacun peut apporter sa pierre à l’édifice.
Utilité publique : par la sauvegarde et le partage
Dans cette perspective, il me semble essentiel de développer à la fois le partage et la protection des documents. Cela a déjà commencé ! Dans son commentaire, Hervé Barrouquère nous annonçait qu’au dernier conseil d’administration, la numérisation et la mise en ligne étaient envisagées. C’est tellement récent qu’il ajoute : « je ne peux pas en dire plus pour le moment ». Un tel projet permettrait d’améliorer l’accès aux documents, donc à l’histoire et au patrimoine, et constituerait un véritable levier pour la recherche et la curiosité de tous.
Par ailleurs, Gonzague Espinosa-Dassonneville estime que « l’idée d’un grand inventaire landais est pertinente » et sait que l’inventaire initié sur ce blog est à la disposition de la société, aussi modeste soit-il. Les tables existantes sont bien entendu un support central pour nourrir ce projet.
De plus, Hervé Barrouquère nous apprend François Bordes, archiviste de la société, mène actuellement un travail de vérification et d’inventaire des fonds. Nous devrions en voir les fruits dans un futur pas si lointain.
Un avenir qui reste à écrire et à créer
Ces pistes sont prometteuses pour dynamiser et élargir la diffusion du patrimoine et de la culture landaise. Toutefois, le président de la société rappelle les contraintes financières actuelles.
J’espère néanmoins que ces idées contribueront à insuffler un nouvel élan : un partage accru, une stimulation renouvelée des recherches et, plus largement, une prise de conscience des pouvoirs publics quant à la nécessité de soutenir une société qui célèbre cette année ses 150 ans, et qui a su, et sait encore, se réinventer pour porter un regard toujours renouvelé sur les Landes.